(Ottawa) La décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de décréter jeudi que l’épidémie du nouveau coronavirus apparu en Chine constitue maintenant « une urgence de santé publique de portée internationale » n’a pas de conséquence sur le Canada, a affirmé jeudi la ministre fédérale de la Santé, Patty Hadju.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse
Janie Gosselin
Janie Gosselin La Presse

Prenant acte de la décision de l’OMS, à laquelle l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a participé, la ministre Hadju a indiqué que les autorités canadiennes ont déjà adopté les protocoles d’intervention recommandés par l’organisation internationale afin de prévenir la propagation du virus.

La ministre a affirmé que la décision de l’OMS a pour but d’inciter les pays qui disposent d’un système de santé et d’un protocole d’intervention moins robustes à augmenter les efforts afin de contrer la propagation.

« Nous sommes déjà à jour en ce qui a trait aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Il faut y voir un appel aux pays les plus forts pour qu’ils viennent en aide aux pays les plus faibles pour éviter la transmission à une échelle plus large du virus », a affirmé la ministre.

Elle a ajouté que le risque pour la santé des Canadiens demeure « faible » en raison des mesures qui ont été mises en œuvre dans les aéroports et dans les établissements hospitaliers à travers le pays.

« La décision de l’OMS ne change absolument rien pour le Canada. Le risque demeure faible. Évidemment, il demeure faible en bonne partie parce que les voyages entre le Canada et la région affectée en Chine sont de plus en plus difficiles. Aussi, nous avons un régime d’intervention très sophistiqué au Canada et cela a été remarqué par l’OMS », a-t-elle insisté.

Selon les derniers chiffres, il y a 196 Canadiens qui se trouvent dans la région de Wuhan, l’épicentre du coronavirus en Chine, qui ont réclamé une assistance des services consulaires canadiens. Le gouvernement canadien a réservé un avion pour rapatrier au pays les ressortissants canadiens qui le souhaitent. Mais les négociations entre le Canada et la Chine se poursuivent afin de permettre à l’avion d’atterrir dans la zone affectée qui est en quarantaine.

Selon Mme Hadju, aucun des Canadiens qui s’est inscrit auprès du ministère des Affaires étrangères présente des symptômes du coronavirus jusqu’ici. Elle a dit ignorer quand les Canadiens pourront être rapatriés. « Nous n’avons pas cette information en ce moment » parce que les discussions avec les autorités chinoises sont toujours en cours.

En conférence téléphonique, la Dre Tam a rappelé que seulement trois cas de coronavirus ont été répertoriés au Canada, soit en Colombie-Britannique et en Ontario.

Au moment de publier, 101 personnes au pays avaient subi des tests pour déterminer si elles étaient contaminées, et 58 d’entre elles avaient reçu un diagnostic négatif au virus.

La Dre Tam a mis en garde contre la « stigmatisation », la « désinformation » et la « rhétorique raciste » véhiculées par certains sur les réseaux sociaux. « Ça nuit, ça n’aide pas notre effort collectif contre [la maladie] », a-t-elle précisé.

Contrairement à la France et au Royaume-Uni, qui ont mis en place une mesure de quarantaine de 14 jours pour ses ressortissants rapatriés de Wuhan, le Canada n’a pas l’intention, pour l’instant, d’isoler les Canadiens en provenance de la région chinoise au centre de l’épidémie. « Nous travaillons toujours sur les protocoles, a dit la Dre Tam. Ce que nous devons faire, quand nous aurons plus d’information sur qui sont les Canadiens [qui reviennent], ce qu’ils faisaient à Wuhan ou dans la région affectée, sera de faire une évaluation du risque. »

« La science nous indique que, pour la propagation, on a besoin d’un contact étroit, ça prend vraiment quelqu’un qui est malade, avec des symptômes : qui tousse, qui éternue, qui libère les gouttelettes infectées avec le virus », a dit de son côté le Dr Njoo.

La Dre Tam s’est voulue rassurante. « Le public ne devrait pas paniquer ou avoir peur », a-t-elle dit.