(Québec) François Legault affirme que le droit à l’avortement est «un dossier qui est réglé depuis longtemps» au Québec et il souhaite que des médecins québécois effectuent des interruptions de grossesse tardive plutôt que d’envoyer des femmes se faire avorter aux États-Unis.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

La Presse révélait mardi que le gouvernement du Québec souhaite rapatrier dans la province les interruptions de grossesse tardive actuellement effectuées aux États-Unis, peu importe le motif qui est avancé pour mettre fin à la grossesse. À l’heure actuelle, une vingtaine de femmes se rendent chaque année au sud de la frontière pour subir un avortement après 24 semaines de grossesse.

En mêlée de presse, mardi, M.  Legault a rappelé que des médecins québécois ne procèdent pas à ces avortements pour des raisons éthiques, mais que l’idéal reste que «ça soit fait au Québec» plutôt que dans un autre pays.

«Les femmes ont le droit à l’avortement. C’est à nous d’assurer avec des groupes de médecins qui sont d’accord [avec les avortements tardifs] d’offrir ce service dans des délais raisonnables, [et] à tout le monde», a dit le premier ministre.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a pour sa part réitéré mardi que l’avortement est «un droit acquis». Elle a également assuré que des médecins seront «confortables» d’effectuer cette opération médicale au Québec, même si certains expriment des réserves.

«Il faut que le médecin soit confortable et à l’aise d’effectuer cette procédure, qui est déjà faite dans certaines situations au Québec, [mais] je pense qu’on trouvera des médecins qui voudront le faire de façon volontaire», a-t-elle dit.

Une porte-parole du ministère de la Santé a pour sa part expliqué à La Presse lundi que le débat juridique qui prend de la vigueur aux États-Unis sur le sujet de l’avortement mène le Québec à revoir ses façons de faire pour offrir ce service dans la province.

La députée de Québec solidaire, Christine Labrie, applaudit pour sa part le geste posé par Québec. Elle invite aussi le gouvernement à prévenir des délais dans l’accès aux interruptions de grossesse au Québec si jamais les États-Unis radicalisent leur opposition à l’avortement dans plusieurs États, ce qui mènerait des Américaines à venir subir cet acte médical ici.  

Le péquiste Sylvain Gaudreault a également salué l'initiative du gouvernement, précisant qu'il faut rapatrier ce service au Québec peu importe le climat politique aux États-Unis.

Sur Twitter, le député fédéral de Beauce et chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a pour sa part écrit que les avortements effectués dans le dernier trimestre d’une grossesse sont des «infanticides […], alors que le bébé est complètement développé et viable».