Les fumeurs sont jusqu'à 10 fois plus à risque de souffrir d'un cancer de la bouche et quatre fois plus à risque d'avoir une maladie du coeur que les non-fumeurs ; 85 % des cancers du poumon et 60 % des décès liés au cancer de la gorge sont aussi dus au tabagisme.

Publié le 21 janv. 2018
Louise Leduc LA PRESSE

C'est ce qu'est venu rappeler ce matin le Conseil québécois sur le tabac et la santé au premier jour de la Semaine pour un Québec sans tabac.

En 2017, quelque 1070 Québécois ont reçu un diagnostic de cancer de la bouche et 300 personnes en sont mortes. L'excision de la tumeur nécessite parfois l'amputation d'une partie de la lèvre, de la langue ou du nez.

La situation est tout aussi dramatique pour les 345 Québécois qui ont eu un diagnostic de cancer du larynx, rappelle le Conseil québécois sur le tabac. En 2017, ce cancer mène à une laryngectomie totale chez près d'un patient sur trois.

«Les personnes atteintes d'un cancer tête cou qui fument ont davantage de probabilités de souffrir d'un autre cancer, comme celui de l'oesophage, de l'estomac ou du poumon que les personnes qui ne fument pas ou qui ont cessé de fumer», indique le Dr Alex Mlynarek, otorhinolaryngologiste et professeur adjoint au Département d'otorhinolaryngologie et de chirurgie cervico-faciale de l'Université McGill.

Au surplus, a-t-il fait remarquer, «chez ces patients, les traitements de chimiothérapie sont moins efficaces».

Quant au cancer du poumon, il demeure le plus mortel, puisque 83 % des personnes qui en sont atteintes mourront dans les cinq ans suivant leur diagnostic. 

Le Conseil québécois sur le tabac a enfin rappelé à quel point le tabagisme a des conséquences psychologiques.

«La personne aux prises avec une grave maladie, ne parvenant pas à choisir de cesser de fumer, se retrouve dans un cercle vicieux, fait observer Dre Marika Audet-Lapointe, psychologue et neuropsychologue en oncologie. Elle sait que sa maladie causée par le tabac compromet son espérance de vie. Elle est constamment en lutte entre son désir de vivre et des pensées obstacles comme "de toute façon il est trop tard", le jugement de son entourage parce qu'elle ne parvient pas à cesser de fumer, son propre jugement et l'anxiété reliée à l'évolution de la maladie et ses traitements.»