Ouvrir ses portes 12 heures par jour et sept jours sur sept. Offrir un minimum de 20 000 consultations par année, dont plusieurs dans un service sans rendez-vous. Donner accès à un centre de prélèvements public. Les 50 super-cliniques qui verront le jour d'ici 2018 au Québec devront respecter une série de critères précis pour obtenir leur financement, a annoncé lundi après-midi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Mis à jour le 25 avr. 2016
Ariane Lacoursière LA PRESSE

Les lieux d'emplacements des futurs cliniques seront choisis par Québec. « Les super-cliniques devront être distribuées sélectivement sur le territoire. Autrement dit, ce ne pourra pas être comme les pharmacies qui sont parfois deux sur le même coin de rue », a dit le ministre Barrette.

La province a déjà été quadrillée par le ministère de la Santé et chaque super-clinique servira un bassin d'environ 50 000 de population. Les régions de la Côte-Nord, des Iles-de-la-Madeleine et de la Gaspésie n'auront par exemple pas de super-clinique. « L'utilité de ces cliniques se retrouve en zones urbaines ou demi-urbaines », a dit le ministre. Les régions de Laval et de la Montérégie Ouest auront par exemple six super-cliniques chacune.

Alternative aux urgences

Les super-cliniques seront des Groupes de médecine de famille (GMF), mais qui offriront plus d'activités, devront respecter plus de contraintes et recevront en échange plus de financement.

Les super-cliniques devront être ouvertes 12 heures par jour, entre 7 h et 22 h. Un service de consultation sans rendez-vous devra être offert. La prise de rendez-vous devra être possible chaque jour jusqu'à trois heures avant la fermeture. Durant les épisodes annuels de grippe, plus de services devront être offerts. Les patients des super-cliniques devront aussi avoir accès à des prélèvements et des échographies publiques.

Le ministère de la Santé fournira également entre six et douze infirmières à chaque super-clinique.

Dès cette année, le ministre Barrette prévoit ouvrir 32 super-cliniques. Un montant de 17,3 millions a été prévu à cet effet.

Les médecins doivent s'adapter, selon Barrette

Questionné à savoir si les médecins seront intéressés à ouvrir des super-cliniques, le ministre croit que la motivation financière sera suffisante pour les motiver à lancer ces projets.

Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, est plus sceptique. « Je me questionne sur la pertinence d'être ouvert 12 heures le samedi et le dimanche. Les études de profil de consommation montrent que le week-end, les patients sont là tôt le matin », dit-il. En 2013, la FMOQ avait présenté un projet qui prévoyait ouvrir 100 cliniques réseau, 76 heures par semaine, plutôt que 84 heures comme devront le faire les super-cliniques. « Jusqu'à quel point les médecins vont-ils embarquer dans les super-cliniques? Je ne sais pas », note le Dr Godin.

Le ministre Barrette croit pour sa part que plusieurs patients voudront avoir accès à un médecin la fin de semaine. « Et rien n'empêche les médecins de donner des rendez-vous à leurs patients la fin de semaine. Depuis quand les rendez-vous doivent-ils se donner uniquement de 8 h à 15 h du lundi au vendredi? [...] C'est aux médecins à s'adapter aux besoins de la population », a déclaré le ministre en conférence de presse.