Le propriétaire des Résidences Soleil, Eddie Savoie, a mené une poursuite bâillon contre la fille d'une ancienne résidente, qui se plaignait des mauvais services reçus par sa mère.

Mis à jour le 12 sept. 2013
Ariane Lacoursière LA PRESSE

Dans une décision rendue mardi, le juge Gary D.D. Morrison de la Cour supérieure rejette la poursuite en diffamation de 400 000$ de M. Savoie en mentionnant qu'il s'agit d'une poursuite bâillon, une première dans le domaine de la santé au Québec.

Selon le jugement, la poursuite «vise à détourner les fins de la justice en limitant la liberté d'expression».

En 2011, Pierrette Thériault-Martel a fortement critiqué les services offerts à sa mère qui habitait au Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de St-Lambert-sur-le-golf, le premier établissement du genre à être construit en partenariat public-privé au Québec.

M. Savoie a entamé une poursuite contre elle pour diffamation. Il l'accusait de « mener une campagne publique de dénigrement ».

L'avocat Jean-Pierre Ménard, qui défendait Mme Martel, 67 ans, a fait valoir que la poursuite était « clairement abusive en ce qu'elle cherche sans contredit à réduire Mme Martel au silence et à l'empêcher de critiquer les mauvais services dispensés par le CHSLD », voire à « dissuader d'autres personnes de se plaindre ».

Le juge Morrison s'est rendu à ces arguments. Il a jugé que la requête était « abusive » et l'a rejetée.