Que toutes les villes du Québec «définissent un environnement alimentaire sain autour des écoles», c'est ce que souhaite «ardemment» Lucie Granger, directrice générale de l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ). Pour y arriver, les municipalités ont à leur disposition plusieurs «règles d'urbanisme juridiquement viables», assure-t-elle.

Mis à jour le 22 oct. 2012
Marie Allard LA PRESSE

Un règlement de zonage ne peut évidemment pas cibler une chaîne de restaurants-minute en particulier, ni discriminer les établissements en fonction de leur menu.

Mais le service à l'auto ou au comptoir peut être prohibé dans certaines zones - ce qui a pour conséquence d'exclure la restauration rapide. Quant aux restos existants, ils peuvent bénéficier de droits acquis et rester ouverts.

Exemple intéressant: la Ville de Falmouth, au Massachusetts, analyse les projets de restaurants selon un système de pointage. Prendre les commandes à table donne plus de points qu'au comptoir; même chose si les plats ne sont pas emballés. Il faut plus de points pour ouvrir un resto dans les zones où Falmouth souhaite avoir un cachet particulier, et moins ailleurs.

Une autre possibilité est de prescrire un éloignement relatif entre une école et un restaurant rapide. Une ville peut également limiter le nombre d'endroits destinés au même usage (par exemple, les restaurants ou les bars de danseuses nues) dans une zone.

Projet-pilote dans trois villes

De 2009 à 2011, trois municipalités québécoises - Baie-Saint-Paul, Lavaltrie et Gatineau - ont participé à un projet-pilote pour limiter les restaurants-minute autour des écoles.

Ville touristique, Baie-Saint-Paul avait déjà un règlement limitant ces restos dans certaines zones commerciales du centre-ville. Dans un rayon de 1 km des écoles, un règlement d'usage conditionnel interdira bientôt les restaurants-minute qui n'offrent pas de choix santé. «Ça devrait être adopté en septembre 2013», dit Luce-Ann Tremblay, porte-parole de Baie-Saint-Paul.

À Lavaltrie, les cinq écoles (primaires et secondaires) ont au moins un restaurant-minute à moins de 500 mètres. La Ville doit bientôt modifier ses règles de zonage pour interdire l'implantation de nouveaux restaurants-minute, selon l'ASPQ.

Gatineau a décidé de ne pas limiter la malbouffe autour de ses écoles, préférant améliorer l'accès aux installations sportives et accroître l'offre d'aliments de qualité dans les quartiers moins bien desservis.

En chiffres

> 75% des écoles primaires et secondaires du grand Montréal (incluant les rives nord et sud) ont au moins un restaurant-minute à 1 km ou moins.

> 42% des écoles ont au moins un restaurant-minute à 500 mètres ou moins.

> 119 écoles ont au moins 10 restaurants-minute à 1 km ou moins.

La malbouffe plus près des écoles de quartiers pauvres

> 433 m Distance moyenne du restaurant-minute le plus près des écoles situées dans des quartiers où le revenu moyen est de 36 000$.

> 1, 2 km Distance moyenne du restaurant-minute le plus près des écoles situées dans des quartiers où le revenu moyen est de 79 000$.

Source: Yan Kestens et Mark Daniel, Université de Montréal