Le Québec ne fera pas partie de la nouvelle stratégie de la Société canadienne du sang, dont les bases ont été annoncées cette semaine, avec comme pierre angulaire un registre national de don d'organes et de tissus. Mais dès la semaine prochaine, Transplant Québec s'intégrera à «la liste canadienne d'attente», selon les informations obtenues.

Sara Champagne LA PRESSE

Avec son nouveau plan directeur, la Société canadienne du sang a fait 25 recommandations pour améliorer le don d'organes et de tissus. Du nombre, il y a la mise en place d'un registre pour les personnes en attente, mais aussi la création d'un registre informatisé destiné aux donneurs d'organes. Et différentes mesures afin de faciliter le prélèvement et les greffes d'organes.

«Les Canadiens ne sont pas prêts à ce qu'on fasse comme en Europe, et qu'on en vienne à dire qu'une personne est automatiquement consentante si elle n'a pas signé sa carte de don d'organes. Mais l'Ontario a mis en place un registre où les donneurs peuvent s'inscrire, et nous croyons que c'est la voie à suivre», a expliqué le vice-président de la Société canadienne du sang, Jean-Paul Bédard.

Au Québec, le don d'organes et de tissus est géré par Transplant Québec et la société Héma-Québec. Le gouvernement du Québec avait choisi en 2008 de ne pas envoyer de délégué à une rencontre à laquelle toutes les provinces avaient convenu de l'importance de doter le pays d'une stratégie nationale afin de faciliter le don d'organes et la greffe. Le Québec ne participe donc pas au financement des mesures de la stratégie canadienne.

Il n'en demeure pas moins que le Québec est très impliqué dans les différentes mesures, explique-t-on à Transplant Québec.

«Nous collaborons chaque fois que c'est possible, mais nous nous assurons aussi que chacun de nos dollars soit au bénéfice de nos patients, explique Louis Beaulieu, directeur général de Transplant Québec. Par exemple, nous travaillons à la mise en place de médecins coordonnateurs de don d'organes dans les établissements depuis des années. Éventuellement, on va s'intégrer à un registre pour les gens hyperimmunisés, des gens dont le profil rend la transplantation plus difficile.»