Après Montréal, c'est au tour de la région de Québec de s'inquiéter de l'encombrement chronique des hôpitaux. Actuellement, une centaine de patients occupent des lits de soins aigus au Centre hospitalier affilié universitaire de Québec (CHA), même s'ils n'en ont plus besoin, car ils attendent d'obtenir une place en hébergement, en soins palliatifs ou en réadaptation. Le président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens du CHA, le Dr Yvan Gauthier, est si inquiet qu'il a envoyé une lettre sonnant l'alarme au ministre de la Santé, Yves Bolduc, la semaine dernière.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

Dans le document, le Dr Gauthier dit s'inquiéter des débordements «qui se chronicisent dans la région de la Capitale-Nationale» depuis plusieurs années. «Nos lits de soins aigus sont sans cesse occupés par des gens en attente d'hébergement. Malgré les annonces d'ouverture de places en réadaptation et en hébergement pour personnes âgées, ça traîne. On ne voit plus de lueur d'espoir», dénonce le Dr Gauthier.

Parce que les lits aux étages sont tous occupés, les transferts de patients des urgences aux étages sont sans cesse reportés. Conséquence: les urgences débordent. «On a des taux d'occupation records de 150% à 200% ces temps-ci», dit le Dr Gauthier.

Selon lui, les hôpitaux sont si occupés que les conditions de travail y sont désastreuses. «Les gens qui travaillent dans les camps en Afghanistan ont des conditions moins difficiles [...], dit-il. On met beaucoup de pression sur les équipes de soins pour améliorer les mouvements de patients, mais on ne règle pas les problèmes d'hébergement, qui sont pourtant l'une des causes principales des engorgements aux urgences.»

Au début du mois, le président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), le Dr Paul Perotte, avait interpellé le ministre Bolduc sur ce sujet. Le Dr Perotte notait que le CHUM faisait face à un débordement historique d'une centaine de patients également.

Le ministre Bolduc a rencontré les dirigeants du CHA la semaine dernière. Au Cabinet, on reconnaît qu'après avoir enregistré de nettes améliorations l'été dernier, certains hôpitaux de Québec, dont le CHA, vivent actuellement des difficultés. Une allocation particulière sera versée au CHA pour améliorer sa situation.

On explique également que la ville de Québec manque cruellement de ressources intermédiaires d'hébergement pour aînés. «La moyenne est de 0,8 ressource intermédiaire par 100 habitants dans la province. À Québec, on en compte 0,2 par 100 habitants», dit l'attachée de presse de M. Bolduc, Marie-Ève Bédard. Au cours des prochains mois, 25 places de ressources intermédiaires devraient ouvrir à Québec.