Maurice Laporte, 90 ans, est mort ébouillanté dans sa baignoire en avril 2010 dans son logement du Manoir St-Léonard, résidence privée pour aînés autonomes ou semi-autonomes de Montréal. Dans un rapport publié récemment, la coroner Catherine Rudel-Tessier rappelle que plusieurs morts de ce genre ont déjà eu lieu dans des centres d'hébergement pour personnes âgées au Québec et qu'il est donc plus que temps de mettre en place des mesures pour éviter de tels drames.

Ariane Lacoursière LA PRESSE

M. Laporte a été trouvé mort dans sa baignoire le 3 avril 2010. Quand on le découvre, la peau de M. Laporte est rouge et «part en lambeaux», est-il écrit dans le rapport de coroner. L'autopsie révélera que l'homme a subi des brûlures aux premier et deuxième degrés sur environ 50% de sa surface corporelle.

Des tests réalisés à la suite de la mort de M. Laporte ont révélé que, dans la chambre du résidant, la température de l'eau chaude du robinet de la baignoire dépassait 60 degrés après une minute d'écoulement.

Le Code de la construction

Le Code de construction du Québec prévoit que la température de sortie de l'eau chaude au robinet de douche dans des établissements publics ne doit pas dépasser les 49 degrés. Des travaux ont rapidement été entrepris au Manoir St-Léonard pour corriger la situation, assure le propriétaire Eddy Savoie, également président des Résidences Soleil.

Dans un rapport publié en 2010, la coroner a lancé un premier cri d'alarme à ce sujet et noté que 19 morts étaient survenues de 2000 à 2009 des suites de brûlures avec de l'eau chaude.

Dans son dernier rapport, la coroner demande entre autres qu'un programme d'inspection des installations de plomberie des résidences pour aînés accueillant des clientèles autonomes ou non soit instauré, afin de s'assurer que la norme de 49 degrés soit respectée.

Au cabinet de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, on explique que tous les centres d'hébergement publics pour aînés doivent déjà respecter le Code du bâtiment. Le projet de loi 16 actuellement à l'étude devrait également obliger les résidences privées pour aînés à faire de même.