Un acteur du scandale des commandites a travaillé pour la campagne de Louise Harel, a révélé Projet Montréal, hier. Serge Gosselin, éclaboussé par le témoignage explosif de Jean Brault en 2005, a encaissé plus de 5000$ pour avoir conseillé Vision Montréal pendant les élections municipales.

Mis à jour le 18 févr. 2010
Martin Croteau LA PRESSE

Au début du mois d'octobre, M. Gosselin a envoyé deux factures qui totalisent plus de 5300$ à Vision Montréal, pour «conseils stratégiques et analyse de pointage».

 

Alex Norris, conseiller de Projet Montréal, s'est étonné que le parti de Louise Harel, Vision Montréal, ait choisi de retenir les services de cet ex-militant libéral.

«Mme Harel est venue en politique municipale en prétendant vouloir donner un coup de balai pour assainir les moeurs politiques, a-t-il raillé. La moindre des choses, c'est de ne pas avoir recours à des gens qui ont été impliqués dans le plus grand scandale de financement politique qu'on ait connu.»

L'engagement de Serge Gosselin avec Vision Montréal ne date pas d'hier, puisqu'il a été chef de cabinet de l'ex-maire Pierre Bourque de 1999 à 2001.

Emploi fictif

Il est l'un des militants libéraux mis en cause par le témoignage de Jean Brault, lors de son passage devant la commission d'enquête présidée par John Gomery en avril 2005. L'ex-publicitaire a révélé qu'il lui a donné un emploi fictif à la demande de Jacques Corriveau, un membre influent du PLC. Il a ainsi touché un salaire de 84 000$ sans jamais mettre les pieds chez Groupaction, selon M. Brault.

Serge Gosselin a nié avoir encaissé une telle somme lors de son passage devant la commission Gomery. Cela n'a pas empêché la Fondation de l'UQAM de le congédier de son poste de directeur des projets de développement. Il a depuis intenté une poursuite de 950 000$ contre l'établissement.

Fait étrange, l'adresse qui figure sur les factures que M. Gosselin a envoyées à Vision Montréal est celle de l'UQAM. Au département de sciences politiques, où il a été chargé de cours, on a pourtant indiqué hier qu'il ne travaille plus pour l'université. Le directeur des communications de l'institution, Daniel Hébert, n'a pas rappelé La Presse.

Dans un communiqué diffusé en fin de journée, Vision Montréal a confirmé avoir eu recours aux services de M. Gosselin.

«Vision Montréal a agi de bonne foi et a payé cette facture, comme toutes les dépenses encourues lors de la campagne», a affirmé le parti.

Le rapport des dépenses électorales de Vision Montréal révèle aussi que la candidate Denise Dussault a engagé des frais de plus de 15 000$ pour sa campagne dans le district Peter-McGill de Ville-Marie. Le maximum permis est pourtant de 10 000$.

Projet Montréal dénonce aussi que le parti de Louise Harel ait loué un local en plein centre-ville pendant 41 jours pour seulement 965$.