Trente-deux personnes devront répondre à diverses accusations en vertu du code criminel à la suite des actes de violence commis dimanche dans le cadre de la manifestation contre la brutalité policière organisée dans les rues du centre-ville de Montréal.

André Duchesne LA PRESSE

Hier, 15 des manifestants arrêtés, dont une femme, ont comparu en cour municipale sous diverses accusations de méfaits, vols, voies de fait sur un policier et possession d'arme dans un dessein dangereux.

 

Tous ont été libérés à la condition de ne pas troubler la paix, d'observer une bonne conduite et de ne pas être en possession d'une arme ou d'une imitation d'arme. Ils reviendront en cour le 29 juin prochain.

Deux autres personnes ont par ailleurs comparu au palais de justice de Montréal hier pour avoir brisé leurs conditions de mise en liberté.

Quinze autres personnes avaient déjà comparu en cour dimanche et avaient été libérées sans condition.

À cela s'ajoute l'interpellation, dimanche, de 189 personnes dont plusieurs ont reçu des contraventions pour avoir contrevenu à la réglementation municipale, a fait savoir hier le Service de police de la Ville de Montréal.

«Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal ont su s'adapter rapidement au caractère changeant et désorganisé de la manifestation qui a modifié son parcours à plusieurs reprises, indique le SPVM dans un court communiqué émis hier en fin d'après-midi. Contrairement à la très grande majorité des manifestations, les organisateurs ont refusé de fournir leur itinéraire, forçant ainsi le SPVM à adopter des stratégies évolutives.»

Peu de commentaires

En cour municipale, la comparution des 15 personnes arrêtées par les policiers a été de très courte durée. Chacun, amené dans le box des accusés, a fait une apparition de moins d'une minute, le temps d'être informé des accusations portées et des conditions à respecter.

Les avocats qui représentaient ces accusés n'ont pas voulu s'adresser aux médias.

Par contre, un individu répondant au prénom de Manou et se disant membre du Collectif opposé à la brutalité policière (sans en être un porte-parole), a déclaré que l'organisation n'était pas là pour contrôler les manifestants et qu'il avait assisté à beaucoup de provocation de la part des policiers. Au sujet de personnes qui ont été arrêtées pour s'être trouvées dans l'étau formé par les policiers, mais qui n'avaient rien à voir avec la manifestation, il a déclaré: «Ça, j'appelle ça de l'abus policier».

Rappelons qu'en 2002, 371 personnes avaient été arrêtées ou interpellées dans le cadre du même événement annuel. Mais en bout de ligne, aucune condamnation n'avait été enregistrée.