Les associations de CPE et de garderies privées réclament des changements dans le processus d'attribution des nouvelles places pour le rendre plus transparent et éviter tout favoritisme. Elles condamnent la décision du gouvernement Charest d'éliminer la «concertation régionale» afin de se réserver la responsabilité de l'attribution des places.

Mis à jour le 16 févr. 2010
Tommy Chouinard LA PRESSE

Depuis des semaines, le Parti québécois accuse le gouvernement de favoritisme à l'égard de donateurs libéraux dans l'attribution de nouvelles places en garderie en 2008. La ministre de la Famille de l'époque, Michelle Courchesne, a confirmé à La Presse que c'est elle qui, à partir des évaluations faites par le Ministère, a sélectionné les projets qui obtiendraient des places. Elle a nié tout favoritisme et a assuré que les projets retenus répondaient aux critères fixés par son ministère.

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) critiquent néanmoins le processus choisi par Québec. «On savait que la mécanique causerait un problème, que ce n'était pas assez transparent», a affirmé le président de l'AGPQ, Sylvain Lévesque.

L'AQCPE et l'AGPQ souhaitent que la responsabilité de l'attribution des places ne repose pas seulement entre les mains du ministre. Elles veulent que des instances régionales comme les Conférences régionales des élus (CRE) sélectionnent les projets et soumettent leurs recommandations à Québec. C'est le processus qui existait avant l'arrivée au pouvoir des libéraux.

Avant 2003, des élus locaux, des représentants de CPE, de garderies privées, de commissions scolaires, de la santé publique - entre autres - siégeaient à un comité créé par chaque centre régional de développement (CRD, devenus les CRE sous les libéraux). Ils étudiaient les projets de garderie en fonction de critères régionaux mais aussi des critères nationaux fixés par le ministère de la Famille. Québec attribuait ensuite les places en fonction des recommandations faites par les CRD. «C'était un véritable processus de concertation régionale», a noté le directeur général de l'AQCPE, Jean Robitaille.

«Les recommandations étaient acceptées à 99,9%», dit de son côté Sylvain Lévesque. «Il n'y a jamais eu de critique par rapport à ce processus.» Or, plusieurs promoteurs se sont plaints auprès de l'association au sujet des évaluations faites par le Ministère et des difficultés qu'ils ont eues à obtenir de l'information, a-t-il ajouté.

Le ministère de la Famille a reçu plus de 110 plaintes à la suite de l'appel d'offres lancé cette année-là, a constaté La Presse dans des documents obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information. Dans la grande majorité des cas, des promoteurs de garderie privée ou de CPE se plaignent du fait que leur projet n'a pas été retenu. Certains contestent l'évaluation faite par le Ministère, alors que d'autres sont mécontents du traitement de leur dossier.

Sous le couvert de l'anonymat, des représentants CRE ont plaidé eux aussi en faveur du retour de la «concertation régionale». Ils ont critiqué le processus choisi en 2008.

Le gouvernement Charest a permis l'ouverture de 18 000 nouvelles places dans des CPE et des garderies privées en 2008. Il a retenu 487 des 2000 projets présentés.

- Avec la collaboration de William Leclerc