Le député Denis Coderre espère attirer des souverainistes déçus dans le giron libéral en vue de la prochaine élection fédérale.

Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

En conférence de presse à Québec, lundi, le lieutenant du chef Michael Ignatieff au Québec a confié avoir eu des échanges avec des souverainistes «fatigués» enthousiasmés par la nouvelle direction du PLC.

«Je demande aux gens: Osez le PLC!», a lancé le politicien fédéral avec sa verve coutumière.

Le député de Bourassa a cependant refusé de révéler l'identité de ces souverainistes prêts à passer dans le camp fédéraliste.

M. Coderre tente aussi de recruter des candidats chez les adéquistes désabusés et les conservateurs en brouille avec Stephen Harper.

«Je rencontre des membres et des anciens membres de l'ADQ, des anciens membres du Parti conservateur. Je peux vous dire également qu'il y a des souverainistes fatigués qui veulent jouer un rôle avec Michael Ignatieff, parce que Michael Ignatieff est un rassembleur qui veut faire les choses autrement», a soutenu le député.

Avec Michael Ignatieff en tête, le Parti libéral du Canada est le meilleur véhicule pour défendre les intérêts du Québec, a-t-il fait valoir.

Mais il n'est pas question de courtiser les souverainistes «repentis» en leur faisant miroiter une réforme constitutionnelle, a bien pris soin de préciser M. Coderre.

«Nous n'avons pas besoin de donner des pouvoirs, mais de respecter les pouvoirs (en place)», a-t-il dit.

Du reste, la donne a changé ces dernières années. Ce dont les Québécois ont vraiment besoin, selon le député, c'est que le gouvernement fédéral assure leur «sécurité économique et leur sécurité culturelle».

Avec son supposé fédéralisme d'ouverture, Stephen Harper a leurré les Québécois, a poursuivi M. Coderre, soutenant au passage que la reconnaissance de la nation québécoise n'était pas une idée du chef conservateur, mais bien de M. Ignatieff.

«(M. Harper) a parlé de fédéralisme d'ouverture. Or, il n'y a jamais eu autant de chicane (...). Le problème de M. Harper, c'est qu'il est divisif», a-t-il analysé.

Espère-t-il que le Parti libéral parvienne au prochain scrutin à déloger le Bloc comme premier choix électoral des Québécois?

À cet égard, M. Coderre opte pour la prudence. Il ne veut pas faire de «campagne négative», mais estime qu'un débat sur la «pertinence» du Bloc québécois à Ottawa doit se faire.

En dépit de la situation économique critique, M. Coderre veut préparer les troupes libérales à se lancer en campagne électorale à brève échéance, peut-être dès cette année, afin de remplacer le gouvernement conservateur minoritaire.

«Si le futur premier ministre veut avoir des élections rapidement, je vais lui dire: on va être prêts», a-t-il lancé.

Après la région de Québec, M. Coderre sillonnera ces prochains jours le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Beauce, le Bas-Saint-Laurent et la Côte Nord afin de porter le message libéral et courtiser des candidats potentiels.

Le coup d'envoi de la pré-campagne électorale sera donné en fin de semaine prochaine lorsque l'aile québécoise du Parti libéral fédéral se réunira en conseil général à Laval.