Des écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) dans l'ouest de Montréal sont en train de retirer les micro-ondes de leur cafétéria, car la gestion des appareils est devenue trop complexe. Furieux, les parents estiment que cette décision nuira à l'alimentation de leurs enfants.

Mis à jour le 27 févr. 2009
Ariane Lacoursière LA PRESSE

«Il faudra se servir d'un thermos à qualité douteuse ou revenir au sandwich rempli de sulfites et de nitrites», dénonce un parent qui a joint La Presse.

 

C'est une lettre envoyée au mois de novembre par le Service de nutrition de la commission scolaire qui a déclenché la vague de retrait.

Le communiqué expliquait aux directions d'écoles les «règles de sécurité» à suivre avec les micro-ondes afin «d'éviter les intoxications alimentaires».

La lettre mentionnait que «l'utilisation du thermomètre digital est essentielle pour vérifier la température des aliments réchauffés».

Le communiqué précisait que «les aliments doivent être réchauffés à 74ºC et qu'ils doivent ensuite être «maintenus chauds à 60ºC ou plus jusqu'à ce que l'élève les consomme».

Service fort populaire

Dans les écoles primaires, des surveillants ont la responsabilité de faire chauffer les plats des enfants. Le service est fort populaire. Chaque adulte affecté à un micro-ondes peut réchauffer jusqu'à 15 repas par dîner.

Jugeant qu'il était impossible de respecter les demandes de la commission scolaire quant à la température des aliments, certaines écoles ont préféré cesser l'utilisation des micro-ondes.

En novembre, l'Académie Saint-Clément a envoyé une lettre aux parents annonçant qu'elle n'offrirait plus ce service dès le mois suivant. L'école primaire de Beaconsfield a quant à elle annoncé qu'elle retirera les appareils à la fin de l'année. Elle encourage entre-temps les parents à ne plus envoyer de plats à chauffer.

Fâchés, plusieurs parents se sont plaints au Comité central de parents de la CSMB.

Pour rectifier la situation, la commission scolaire a publié un deuxième communiqué, en janvier. Celui-ci mentionnait qu'il «n'est pas nécessaire de prendre la température de chaque repas (chauffé au micro-ondes). On peut prendre la température de quelques plats, au hasard».

La directrice des communications de la commission scolaire, Brigitte Gauvreau, explique que le communiqué visait à rassurer les directions d'école. «On nous avait fait part de plusieurs préoccupations par rapport à l'utilisation des micro-ondes. Nos nutritionnistes ont donc diffusé l'information pour rassurer les directions d'école sur la salubrité des aliments», dit Mme Gauvreau.

Selon elle, l'utilisation des thermomètres n'est pas obligatoire. «Il faut seulement que les adultes qui gèrent les micro-ondes s'assurent que chaque repas, qu'il soit congelé ou non, ait une cuisson adéquate», dit-elle.

Malgré la publication de précisions, d'autres écoles ont décidé de retirer leur micro-ondes. Mme Gauvreau assure que seuls quelques établissements ont décidé d'arrêter de réchauffer des dîners et que cette décision ne relève pas de la commission scolaire.