Les militants de la Coalition Avenir Québec qui voudraient discuter de la position de leur parti sur le projet de charte de la laïcité pourront le faire en fin de semaine prochaine, au conseil général a indiqué François Legault.

Mis à jour le 12 nov. 2013
Denis Lessard LA PRESSE

«S'il y en a qui veulent en discuter, on va pouvoir en discuter en fin de semaine», a-t-il dit réagissant à la sortie percutante de Me Jean Allaire, longtemps une éminence grise à l'ADQ et à la CAQ. La CAQ tient un conseil général, qui devait porter sur la famille, samedi à Québec.

En point de presse, M. Legault s'est carrément distancié des propos du fondateur de l'ADQ, qui avait joué un rôle déterminant dans la création de la Coalition Avenir Québec. Dans une entrevue à La Presse, Me Allaire avait déploré que la position de son parti sur le projet de loi de Bernard Drainville n'aille pas assez loin, et disait se reconnaître davantage dans la position du PQ. 

«J'ai téléphoné à Me Allaire ce matin, je suis totalement en désaccord avec lui, je lui ai dit. Il fait le procès d'une religion. On ne peut pas faire le procès de l'Islam et mettre tous les musulmans dans le même paquet», de lancer M. Legault. «Il a droit à ses opinions, mais je ne suis pas d'accord», résume le chef caquiste. 

La CAQ a choisi une position «modérée», insiste-t-il. Les militants du parti n'ont jamais eu l'occasion de contribuer à la prise de position de la CAQ, convient-il, mais «les députés ont été consultés, actuellement il y a dix-huit députés de la CAQ et les dix-huit sont d'accord avec notre position», a-t-il dit. «On écoute les propositions de tout le monde, mais je suis contre le fait qu'on fasse le procès d'une religion», dira-t-il.

Deux anciens députés adéquistes passés à la CAQ partageaient le point de vue de leur chef. «Je respecte énormément Me Allaire, mais cette fois je dois dire que je ne suis pas d'accord avec lui. Notre position est équilibrée, correspond à la réalité du Québec, et je suis un peu déçu de sa position», dira Eric Caire. Gérard Deltell, autre caquiste de la région de Québec, souligne «ne pas être d'accord avec sa lecture de l'islam. Je ne suis pas là du tout. La position de la CAQ repose sur le consensus de Bouchard-Taylor. On va même un peu plus loin, elle est raisonnable et réaliste», de soutenir M. Deltell. La CAQ préconise l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires pour les employés investis du pouvoir de coercition de l'État; les juges, les policiers, par exemple. Mais le parti de François Legault propose d'étendre cette interdiction aux directeurs d'école et aux enseignants.