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Soutien aux assistés sociaux toxicomanes: le PQ serre la vis

Au cabinet de la ministre Agnès Maltais, on... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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Au cabinet de la ministre Agnès Maltais, on explique que le programme de soutien aux toxicomanes bénéficiaires de l'aide sociale a enregistré une «hausse fulgurante» de plus de 392% depuis huit ans.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse

(Québec) Dans son avant-projet de règlement sur l'aide sociale, la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, propose de limiter à 90 jours la durée d'un séjour payé en centre pour les toxicomanes bénéficiaires de l'aide sociale. Or, en 2009, le gouvernement libéral, qui tentait d'implanter une mesure similaire, mais moins sévère, a dû renoncer à son projet car il a reconnu que cela mettait en péril la santé des gens les plus vulnérables.

La Presse a obtenu une lettre de la sous-ministre adjointe aux politiques de l'emploi, datée du 20 octobre 2009. Elle y explique que le gouvernement libéral ne limitera finalement pas à 183 jours la durée d'une cure de désintoxication payée par l'État pour un bénéficiaire de l'aide sociale. «Après analyse des commentaires, il est apparu que la limite de couverture des frais de séjour pouvait effectivement poser problème, notamment pour les personnes aux prises avec de multiples problématiques ou ayant des problèmes de santé mentale dont les besoins d'encadrement sont plus grands», écrit-elle.

Le bureau de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, a dit hier avoir pris connaissance de la lettre. Son chef de cabinet, Pierre Châteauvert, affirme qu'elle est ouverte à améliorer le règlement, si nécessaire. La ministre rencontrera jeudi l'Association des centres de traitement de dépendance du Québec. «On a assez d'éléments entre les mains pour arriver à bien se parler. On l'a dit, une période de consultation de 45 jours est prévue et on va bien écouter», estime-t-il.

Aide conditionnelle

À l'heure actuelle, on paie aux assistés sociaux leur séjour dans un centre de désintoxication, peu importe la durée. Cette aide est conditionnelle à ce qu'un médecin atteste de leur dépendance. Cette attestation doit être renouvelée tous les trois mois. Durant leur hébergement, ils reçoivent aussi une allocation spéciale de 129$, ce qui porte leurs prestations mensuelles de 604 à 733$.

Québec avait lancé en 2007 un projet-pilote en Mauricie et au Centre-du-Québec pour améliorer l'efficacité du programme. Deux ans plus tard, le rapport concluait que le programme aidait à intégrer les toxicomanes au marché de l'emploi. Il y a des «retombées significatives à moyen terme sur la mise en mouvement et sur l'intégration à l'emploi», de sept à huit points de pourcentage, après la cure, lit-on dans ce document. On concluait aussi qu'il fallait mieux contrôler les centres.

Un avant-projet de règlement a été déposé pour exiger que les centres obtiennent une certification du ministère de la Santé. On proposait aussi de limiter à 183 jours par année la durée d'un séjour payé. Cette dernière mesure avait soulevé un tollé. Après consultation avec le milieu, le gouvernement libéral avait décidé de ne pas imposer une telle limite de temps.

Dans son avant-projet de règlement, la ministre Maltais propose maintenant de limiter encore plus la durée, à 90 jours. Ce traitement payé devra être réparti sur un maximum de deux séjours. Comme leur durée d'hébergement sera limitée, celle où ils reçoivent leur allocation spéciale le deviendra aussi.

«C'est une boule qu'ils lancent dans le jeu de quilles», dit Alexandre Ratté, président de l'Association des centres de traitement des dépendances. Selon lui, près du tiers de ses 54 centres pourraient devoir fermer. «Les prestataires de l'aide sociale comptent pour environ 80% de notre clientèle et la moitié de nos revenus», explique-t-il.

Au cabinet de Mme Maltais, on explique qu'il y a eu une «hausse fulgurante» de plus de 392% des coûts du programme depuis huit ans. Certains prestataires passent plus de deux ans en désintoxication. De plus, des centres de désintoxication ne sont pas encore certifiés.

M. Châteauvert insiste sur le fait que la décision s'inscrit dans une stratégie plus large pour intégrer les bénéficiaires de l'aide sociale au marché du travail. C'est la même logique, explique-t-il, pour les parents d'enfants de moins de 5 ans ou pour les bénéficiaires de 55 à 58 ans, qui perdront leurs prestations spéciales de 129$, mais recevront en contrepartie de nouvelles prestations, pendant un certain temps, en participant au programme Tous pour l'emploi.




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