Dans l'espoir de délier des langues, le Directeur général des élections du Québec met en service une ligne téléphonique qui permet de dénoncer le financement politique illégal sans s'exposer à des poursuites. Il reconnaît qu'il est difficile de recueillir des témoignages qui lui permettraient de porter des accusations.

Tommy Chouinard LA PRESSE

«Avec la multiplication des allégations, on essaie de se doter d'un outil pour mieux faire notre travail», a expliqué son porte-parole, Denis Dion, lundi.

Si les allégations de financement illégal se multiplient, ce n'est pas le cas des témoignages au DGE. La ligne 1-855-644-9529 (ou 418-644-9529) vise justement à susciter des confidences. Tout appel est confidentiel. La source est assurée de ne pas être elle-même poursuivie si elle a, par exemple, fait un don illégal à la caisse d'un parti ou si elle a servi de prête-nom. «On la protège parce qu'elle accepte de nous parler», a dit M. Dion.

Les renseignements recueillis pourront servir à mener des enquêtes, à bâtir une preuve et, ultimement, à porter des accusations.

Denis Dion n'a pu préciser le coût de cette ligne téléphonique. Il s'est contenté de dire qu'elle ne coûtera pas très cher: aucune nouvelle embauche n'a dû être faite; des fonctionnaires du DGE ont reçu une formation pour recueillir les renseignements.

«On entend souvent que "tout le monde sait" qu'il y a du financement illégal. Alors, dites-le-nous!» a lancé M. Dion.