Après avoir attaqué pendant deux ans le «Plan marketing du Nord» de Jean Charest, Pauline Marois a recruté dans son cabinet un spécialiste des relations publiques issu d'une petite firme de lobbyisme et de communication qui accumulait les contrats avec les acteurs du Plan Nord, a appris La Presse. Il a aussi obtenu des missions de relations publiques pour l'Association pétrolière et gazière du Québec.

Mis à jour le 22 oct. 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Marc-André Gosselin était consultant spécialiste des «dossiers énergétiques» chez Hatley Stratégies jusqu'à son embauche comme attaché politique en relations internationales au cabinet de la première ministre, il y a quelques jours. Son nom et sa biographie se trouvent toujours sur le site web de l'entreprise.

Avant de passer chez Hatley, Marc-André Gosselin a travaillé au cabinet de Mme Marois, à l'époque où elle était chef de l'opposition officielle.

Au Parti québécois, on soutient qu'il n'a jamais été impliqué dans le travail stratégique et le lobbyisme chez Hatley et que son rôle se limitait aux relations avec les médias. «Il n'était pas du tout dans les stratégies», a soutenu Shirley Bishop, directrice des communications du cabinet de Pauline Marois. M. Gosselin, de son côté, n'a pas répondu au message de La Presse.

Hatley Stratégies

Créée par la fille de l'ex-premier ministre Pierre Marc Johnson et un associé, Adam Daifallah, la firme Hatley Stratégies obtient notamment des mandats d'entreprises du secteur des mines et du gaz de schiste. Selon des sources, elle a aussi tenté de recruter des clients désireux de se positionner avantageusement dans des occasions mondaines afin de profiter des retombées du Plan Nord.

Dans une entrevue accordée au site d'information juridique Droit-inc, M. Daifallah parle du Plan Nord de façon très positive. «Il y a de la demande pour ces matériaux, on est chanceux de les avoir, je pense que cela va mener à beaucoup d'emplois et de richesse collective. Chez Hatley, on est pro-développement», a-t-il dit. Joint au téléphone, M. Daifallah a refusé de commenter les «affaires internes de l'entreprise». «On est très fiers de Marc-André et on est contents pour lui», s'est-il limité à dire.