Les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent, mais le gouvernement du Québec s'accroche à un budget équilibré au printemps prochain.

Denis Lessard LA PRESSE

À son arrivée à la conférence spéciale des provinces pour discuter de la crise financière ce matin, Jean Charest a soutenu qu'il n'était pas question pour le Québec de retourner en déficit.Un déficit, «on n'en est pas là du tout» de répliquer M. Charest. «Du côté québécois, on a planifié, on a fait des réserves, on a tout fait pour assurer l'équilibre budgétaire. C'est au Québec qu'on a le mieux contrôlé la croissance des dépenses», a soutenu le premier ministre.

Après des années de budgets déficitaires, le gouvernement Bouchard avait présenté un premier budget équilibré en 1998, au prix de douloureuses coupes de programmes.

La réunion à laquelle les dix premiers ministres participent aujourd'hui vise surtout à «préparer le mieux possible» la prochaine rencontre fédéral-provincial sur la crise financière, a rappelé Jean Charest. Cette conférence devrait avoir lieu avant la fin de l'année. Pour M. Charest, des gestes pour stimuler l'économie peuvent s'avérer nécessaires. «Sur mon écran radar, je vois des gestes pour favoriser la croissance, des investissements stratégiques en infrastructure, des gestes au niveau manufacturier et forestier. Aussi, il faut intervenir au niveau des ressources humaines».

«La crise financière actuelle et l'impact qu'elle a sur l'économie canadienne commandent un effort plus grand que ce que nous avons connu en terme de collaboration fédéral-provincial au cours des dernières années», a dit M. Charest.

Cette fin de semaine, le ministre des Finances Jim Flaherty était beaucoup moins catégorique sur la capacité de d'Ottawa de maintenir un budget équilibré après une récession appréhendée. «Nous ne somme pas une île», avait-il soutenu. L'économiste en chef de la Banque Toronto Dominion avait prédit la semaine dernière que le fédéral devrait consentir à un déficit de l'ordre de 10 milliards $ dans son prochain budget.

Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty est aussi resté plus prudent sur les risques d'un déficit provincial à court terme. Il craint surtout que les problèmes financiers d'Ottawa ne poussent le gouvernement Harper à adopter la même stratégie que les libéraux dans les années 1990. Le ministre des Finances Paul Martin avait alors amélioré son bilan en refilant la facture aux provinces, notamment en coupant dans les transferts en santé et en éducation postsecondaire.

«Nous sommes toujours prêts à continuer de travailler avec lui (M. Flaherty). On lui demande de ne pas équilibrer son budget sur le dos des provinces et des municipalités», a dit le leader ontarien.

Pour Jean Charest, la situation financière du fédéral est bien meilleure qu'elle ne l'était en 1995 ou 1996, au moment où ce coupes sont survenues.