Le gouvernement conservateur a dépêché la ministre Rona Ambrose, lundi, dans la ville où une jeune fille de 16 ans a été tuée par son père et son frère, pour condamner ce que certains qualifient de «crimes d'honneur», mais il semble que Mme Ambrose se soit trop avancée sur les intentions d'Ottawa.

Dominique Jarry-Shore LA PRESSE CANADIENNE

La déclaration de la ministre de la Condition féminine, liée à aucun programme ou annonce d'investissement, laissait croire qu'Ottawa songeait à amender le Code criminel pour y inclure les «crimes d'honneur».

Questionnée à savoir si le gouvernement considérait apporter de tels changements, Mme Ambrose a répondu qu'ils étaient envisagés.

Néanmoins, lorsque joint pour obtenir plus de détails sur de possibles changements, une porte-parole du ministère de la Justice, Pamela Stephens, a affirmé que ce n'était pas le cas.

Mme Stephens a indiqué que le ministère était toujours intéressé à évaluer différentes manières d'améliorer le Code criminel. Elle a toutefois ajouté qu'indépendamment du motif ou de la conduite particulière liée aux «crimes d'honneur», la loi au Canada est claire sur le meurtre prémédité.

Dans sa déclaration, Mme Ambrose a soutenu que les «crimes d'honneur» n'avaient pas leur place dans la société canadienne et pressé les groupes de défense des droits des femmes de soumettre des propositions d'investissement au gouvernement dans la prévention de la violence.

L'annonce a coïncidé avec la publication d'un rapport rédigé par la travailleuse sociale Aruna Papp qui se penche sur la violence d'origine culturelle. Mme Papp a salué la déclaration de Mme Ambrose, parlant d'un «bon départ».

La ministre a condamné toutes les formes de violences dirigées contre les femmes, qualifiant de tels crimes d'«abus de pouvoir haineux et de violations des droits humains».

La ville de Mississauga où la ministre a fait sa déclaration était la ville de résidence de Aqsa Parvez, 16 ans, tuée en 2007 par son père et son frère après des conflits répétés avec sa famille concernant son désir d'une certaine indépendance. Selon les faits relatés en cour lorsque les deux hommes ont plaidé coupables cette année, ceux-ci croyaient pouvoir garder intact l'honneur de la famille en tuant Aqsa Parvez, plutôt que de la laisser avoir un emploi à temps partiel et aller au cinéma avec des amis.