La Coalition avenir Québec (CAQ) a peut-être trouvé l’antidote pour apaiser ses militants fédéralistes, inquiets après l’entrée en scène des Bernard Drainville et Caroline St-Hilaire, deux candidats au passé clairement souverainiste. François Legault doit annoncer aujourd’hui la candidature de Pascale Déry, fédéraliste inconditionnelle, dans la circonscription de Repentigny.

Mis à jour le 5 juillet
Denis Lessard
Denis Lessard La Presse

Mme Déry, jusqu’à récemment porte-parole d’Air Canada, avait été candidate pour les conservateurs de Stephen Harper aux élections générales de 2015. Elle avait d’abord échoué à obtenir l’investiture conservatrice dans Mont-Royal, où elle habitait, battue par Robert Libman, ex-député du Parti Égalité à l’Assemblée nationale, puis membre du comité exécutif de la Ville de Montréal jusqu’en 2005.

Mme Déry avait ensuite été parachutée comme candidate conservatrice dans Drummond, où elle avait terminé quatrième. Puis, au début de 2017, elle a été modératrice au débat des candidats à la succession de Stephen Harper.

Avant de faire le saut avec les conservateurs, Mme Déry avait été, pendant une quinzaine d’années, journaliste à TVA, puis cheffe d’antenne à LCN. On la retrouve par la suite comme responsable des communications de l’Institut économique de Montréal (IEDM). Lors de son passage, elle s’était prononcée contre les subventions aux entreprises, « qui ne font que déplacer des emplois qui auraient été créés de toute façon ».

Pour elle, le gouvernement devrait éliminer les subventions « inefficaces et aux effets pervers » et aiguiller l’argent épargné en baisses d’impôt pour toutes les entreprises. Elle avait aussi pris position contre le modèle québécois des centres de la petite enfance (CPE), inutilement coûteux par rapport aux garderies privées ou en milieu familial, écrivait-elle dans les publications de l’IEDM.

Dans Repentigny, Mme Déry ne court guère de risques. La CAQ avait remporté la circonscription en 2018 avec Lise Lavallée, qui annoncera sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat.

Christine Fréchette à la place de Danielle McCann

Une autre circonscription sûre ira à une candidate qui jouit d’une certaine notoriété sur la scène municipale. Christine Fréchette remplacera Danielle McCann pour porter les couleurs de la CAQ dans Sanguinet. Mme McCann avait été choisie à la dernière minute aux élections de 2018 — François Legault devait se trouver une candidate crédible en santé, après que Gertrude Bourdon lui a fait faux bond pour faire le saut avec les libéraux.

Au début de la pandémie, Mme McCann avait été déplacée à l’Enseignement supérieur et remplacée à la Santé par Christian Dubé. Une autre ministre réfléchit à son avenir : Nadine Girault n’a pas arrêté sa décision pour la prochaine campagne électorale. Élue dans Bertrand, ministre des Relations internationales, elle avait reçu un diagnostic de cancer du poumon en 2019. Une femme au profil économique est pressentie pour cette circonscription, semble-t-il.

Christine Fréchette avait été pendant quatre ans PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, jusqu’en mai 2021. Elle avait alors démissionné parce qu’elle envisageait d’appuyer Denis Coderre dans sa campagne contre Valérie Plante pour la mairie de Montréal. Mme Fréchette serait devenue la présidente de l’exécutif, mais elle avait finalement décidé de ne pas faire le saut en politique municipale.

Dans le gouvernement Marois, elle avait été attachée de presse de Jean-François Lisée, un poste qu’elle a abandonné en laissant savoir publiquement qu’elle ne pouvait cautionner la charte des valeurs parrainée par le ministre Bernard Drainville.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, lors d’une conférence de presse avec la ministre Geneviève Guilbault, à Cap-aux-Meules, en 2018

Un autre candidat connu s’annoncera pour la CAQ dans les prochaines semaines. Maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre se présentera contre le député péquiste Joël Arseneau. C’est une « lutte à finir » pour ces deux politiciens ; Lapierre avait battu Arseneau comme maire des Îles en 2013. Il est vice-président de la Fédération québécoise des municipalités et membre du conseil d’administration de la Fédération canadienne des municipalités.

Un autre départ, le député de Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, annoncera qu’il ne sollicitera pas un autre mandat. Il avait été élu dès 2003 pour l’Action démocratique du Québec, avec Mario Dumont. Stratégiquement, la CAQ comptait attendre le plus longtemps possible pour faire cette annonce ; c’est un territoire potentiellement fertile pour le Parti conservateur. Les stratèges caquistes ne voulaient pas donner du temps à Éric Duhaime pour identifier un candidat.