(La Malbaie) Le Parti québécois prépare une « offensive pour un automne climatique », citant de récents rapports scientifiques qui pressent les gouvernements d’adopter des mesures musclées pour freiner le réchauffement de la planète. À quelques jours de la reprise des travaux parlementaires à Québec, il accuse du même souffle une commission scolaire anglophone montréalaise de « mépris » sur la question de la défense du français.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Selon le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui s’est exprimé mardi en marge d’un caucus présessionnel à La Malbaie, dans la région de Charlevoix, « en 2021, on ne peut pas être environnementaliste sans être fondamentalement indépendantiste ».

« Pour quiconque a de l’intérêt ou des inquiétudes fondées sur le réchauffement climatique et l’avenir de notre planète, on doit absolument être indépendantiste, rapatrier des sommes qui sont pour l’instant dépensées de manière irresponsable », a-t-il affirmé.

Le PQ déposera cet automne une motion pour que l’Assemblée nationale reconnaisse les conclusions du plus récent rapport du GIEC, qui a affirmé au cours de l’été qu’il était minuit moins une afin de limiter le réchauffement de la planète sous la barre des 2°C. Les péquistes promettent aussi de déposer deux projets de loi pour mettre fin à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures dans la province, entre autres.

M. St-Pierre Plamondon, dont le parti est opposé au projet de troisième lien routier entre Québec et Lévis, a de nouveau refusé mardi de commenter la position du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, qui milite pour qu’Ottawa verse les sommes demandées par le gouvernement Legault afin de réaliser son projet.

« Ce n’est pas mon rôle de commenter la campagne fédérale », a-t-il affirmé, critiquant toutefois à plusieurs reprises le bilan environnemental du premier ministre fédéral sortant, Justin Trudeau, ainsi que le plan en environnement du chef conservateur Erin O’Toole.

La CSEM accusée de mépris

Paul St-Pierre Plamondon accuse la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) d’être de mauvaise foi et d’agir de façon méprisante envers les francophones en demandant au gouvernement du Québec de retirer la présente version du projet de loi 96, qui veut moderniser la Charte de la langue française.

Par voie de communiqué, mardi, la CSEM a publié une motion, adoptée le 1er septembre dernier, dans laquelle elle demande également au gouvernement fédéral d’interpeler la Cour suprême pour qu’elle se penche sur la constitutionnalité du projet de loi déposée par le ministre caquiste Simon Jolin-Barrette.

Le texte de la motion adoptée par la CSEM cite entre autres un professeur à la retraite de l’Université McGill, Jon G. Bradley, qui déclare que le « Québec n’est pas une nation [et] ne l’a jamais été », même si la nation québécoise a été reconnue par le passé par la Chambre des communes. La commission scolaire anglophone ajoute également que le Québec n’est qu’une « province ». Elle déplore qu’elle limite encore plus l’accès au service et à l’éducation en anglais avec son projet de loi.

« Ça vous montre à quel point [la commission scolaire] English-Montreal peut être de mauvaise foi. […] Lorsqu’on vous rappelle que vous n’êtes pas une nation, vous êtes une province, un territoire conquis, il y a dans cette affirmation tout le mépris envers les Québécois, envers les francophones, dans le cadre d’une autre bataille contre les choix démocratiques du Québec. C’est très dommage [et] c’est également une forme de mépris à mon avis », a déclaré le chef péquiste.

Le chef d’Ensemble Montréal et candidat à la mairie de la métropole, Denis Coderre, a exclu mardi de son caucus son candidat aux élections municipales de l’automne, Joe Ortona. Ce dernier est président de la CSEM.

« Je reconnais le Québec comme nation, tout comme notre formation politique. Le document de la commission scolaire English-Montreal […] va totalement à l’encontre des valeurs de notre parti », a déclaré M. Coderre.

Lorraine Richard absente

Le Parti québécois ouvre la saison politique en se réunissant au Manoir Richelieu dans le cadre du traditionnel caucus présessionnel. Les travaux parlementaires reprendront la semaine prochaine au Parlement.

La députée de la circonscription de Duplessis sur la Côte-Nord, Lorraine Richard, est toutefois absente pour l’occasion pour des raisons de santé, a-t-on dit au parti.

Paul St-Pierre Plamondon affirme qu’il n’a pas demandé à ses députés s’ils comptaient se présenter aux élections de 2022, préférant consacrer la rentrée parlementaire et l’automne politique « extrêmement important » pour le parti aux thèmes de la démocratie, de la langue française, de l’environnement et du statut du Québec dans le monde.