(Montréal) Montréal demeure dans la ligne de mire du Bloc québécois (BQ) qui entend se servir de son bilan pour convaincre les électeurs d’envoyer encore plus de députés à Ottawa, notamment en provenance de la métropole, a fait valoir mercredi son chef Yves-François Blanchet.

Stéphanie Marin La Presse Canadienne

Alors que les rumeurs du déclenchement imminent d’une élection fédérale vont bon train, le chef des bloquistes affirme que son parti est plus que prêt à se lancer du bloc de départ. Il n’est toutefois pas en faveur de la tenue d’un scrutin, deux ans avant la date prévue, et alors que la pandémie de COVID-19 n’est pas pleinement maîtrisée, a-t-il rappelé, en plein cœur du Jardin botanique de Montréal, visité dans le cadre de sa tournée estivale.

Selon lui, la reconnaissance de la nation québécoise, le vote pour l’application de la Charte de la langue française aux entreprises fédérales, la protection de l’aluminium, les gains pour l’industrie du bois, les compensations pour les producteurs sous gestion de l’offre viennent enjoliver son bilan d’accomplissements : « sans le Bloc, ça n’aurait pas existé ».

Sous la gouverne de Yves-François Blanchet, le BQ a fait élire 32 députés à l’élection générale de 2019, alors qu’à la précédente, il n’avait remporté que 10 sièges sur les 78 que compte la province.

L’objectif du Bloc en cas d’une élection fédérale en 2021 est d’augmenter sa députation.

Pourquoi ? Parce qu’on a démontré que plus on a d’élus, « meilleure est la voix et le poids du Québec au sein du Parlement fédéral ».

La métropole

Et pour le chef bloquiste, il est crucial que Montréal fasse partie de cette voix qui a porté des sujets importants, comme la langue française, la liberté d’expression et la laïcité.

Lors de la dernière élection générale de 2019, les résultats à Montréal n’ont pas été à la hauteur des attentes, a-t-il convenu. Un seul député a été élu sur l’île de Montréal. Toutes les autres circonscriptions sont allées aux libéraux, sauf celle de Rosemont–Petite-Patrie, détenue par le député néo-démocrate Alexandre Boulerice depuis 2011.

Mais déjà au lendemain de l’élection de 2019, le Bloc avait averti qu’il ne renonçait pas à Montréal.

C’est pourquoi mercredi il a annoncé une nouvelle candidate dans Rosemont–Petite-Patrie, justement pour affronter Alexandre Boulerice, bien connu notamment en raison du fait qu’il est le chef adjoint de son parti. Il s’agit de Shophika Vaithyanathasarma, une étudiante en mathématique et en sociologie qui a été désignée pour représenter le parti souverainiste.

Le Bloc se sent-il de taille pour déloger le député sortant ?

Dans sa « mouture actuelle », le parti ne s’est pas fait connaître en présentant des superstars connues des médias : il a plutôt fait découvrir des personnes très impliquées dans leurs milieux respectifs, a fait valoir le chef, se disant « extrêmement confiant » du succès de la jeune candidate.