(Québec) Manon Massé cédera en septembre son poste de cheffe parlementaire de Québec solidaire à Gabriel Nadeau-Dubois. Ce dernier souhaite être désigné candidat par les membres du parti pour devenir aspirant premier ministre lors de la campagne électorale de 2022.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Mme Massé en a fait l’annonce dimanche lors de son discours de clôture au conseil national de Québec solidaire (QS). Les délégués adoptaient ce week-end les thèmes qui guideront la rédaction de la prochaine plateforme électorale du parti.

« Pour tout vous dire, j’ai des fourmis dans les jambes. Mais en ce moment, je suis dans un rôle qui m’use. Dans un rôle qui parfois m’éteint. Un rôle qui ne me laisse en fait pas assez de temps pour être avec vous. Pour parler avec vous. Pour vous écouter », a affirmé la députée de la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques.

« Être cheffe parlementaire, c’est une charge. Le temps me manque. La charge mentale est importante et j’ai un peu moins d’énergie, je vieillis un peu », a dit la politicienne qui aura 58 ans plus tard ce mois-ci.

D’abord le congrès

Le caucus solidaire à l’Assemblée nationale désignera pour la prochaine rentrée parlementaire un ou une députée qui prendra la relève de Gabriel Nadeau-Dubois à titre de leader parlementaire du parti. M. Nadeau-Dubois agira dès septembre à titre de chef parlementaire de sa formation politique. C’est lui qui posera désormais des questions au Salon bleu au premier ministre François Legault.

Or, M. Nadeau-Dubois et Manon Massé devront renouveler leur mandat de co-porte-parole auprès des membres de Québec solidaire en congrès à l’automne. Les membres du parti trancheront au final s’ils réélisent les deux politiciens comme leaders et si l’actuel député de Gouin sera leur représentant au prochain débat des chefs.

« J’ai décidé de rester avec lui. J’aurais pu m’en aller, mais j’ai décidé de rester avec lui parce qu’on est un duo d’enfer et je pense qu’on va continuer de l’être et qu’on va être au rendez-vous sur la ligne de départ en 2022 », a déclaré Manon Massé dimanche.

« On est extrêmement complémentaires. Lui a l’énergie pour aller chercher ce mandat de nos membres en novembre, pour être le porte-parole qui va briguer la candidature de premier ministre », a-t-elle ajouté.

Du temps sur le terrain

Manon Massé compte se représenter pour obtenir un nouveau mandat de co-porte-parole. Elle souhaite aussi être candidate aux élections de 2022 et concentrer son énergie à militer sur le terrain, a-t-elle annoncé.

« Je pense que la génération de Gabriel est tout à fait bien équipée pour atteindre les objectifs que les décideurs de ma génération ont manqué à atteindre », a dit Mme Massé en point de presse.

« Plus je vieillis et plus je me sens indignée. Plus ce qui me trotte dans la tête, c’est le cri de révolte de Greta Thunberg : How dare you ? [Comment osez-vous ? ] Je n’en peux plus de l’aveuglement volontaire des dirigeants face aux inégalités sociales », a-t-elle dit pendant son discours au conseil national.

Après une série de défaites contre le Parti québécois, Manon Massé a été élue pour la première fois députée aux élections générales de 2014 dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, à Montréal. Elle était alors la troisième candidate solidaire à gagner un siège, rejoignant Françoise David et Amir Khadir à l’Assemblée nationale.

Mme Massé milite à Québec solidaire depuis la fondation du parti, à l’hiver 2006. Elle était notamment aux côtés de Françoise David dans le mouvement Option citoyenne, qui a fusionné avec l’Union des forces progressistes (UFP) pour créer QS.

« Je suis prêt »

Gabriel Nadeau-Dubois, qui aura 31 ans ce printemps, a assuré dimanche que son arrivée à titre de chef parlementaire d’un parti qui répète n’avoir aucun chef, mais bien deux co-porte-parole, « n’est pas un changement d’orientation à Québec solidaire ».

« Ce n’est même pas un changement de leadership, c’est un changement dans la manière dont Manon et moi, ensemble, on joue ce rôle de leaders au sein [du parti] », a-t-il dit.

M. Nadeau-Dubois a affirmé qu’il n’était pas prêt en 2017 à occuper le poste d’aspirant premier ministre du Québec. Mais maintenant, a-t-il dit, « je suis prêt ».

Figure marquante du soulèvement étudiant de 2012, mieux connu sous l’appellation de « printemps érable », M. Nadeau-Dubois est détenteur d’une maîtrise en sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il a été élu lors d’une élection partielle en 2017 dans la circonscription de Gouin, que détenait jusqu’à cette élection la députée solidaire Françoise David.