(Québec) C’est désormais on ne peut plus clair : « Il n’y aura pas de référendum en 2022 », en même temps que les élections générales, sur la réforme du mode de scrutin, affirme la ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Réforme électorale, Sonia LeBel.

Publié le 28 avr. 2021
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Le premier ministre François Legault avait déclaré le 15 avril que sa ministre avait d’autres priorités que de débattre en Chambre de son projet de loi instaurant un mode de scrutin proportionnel mixte. Il laissait déjà entendre que la tenue d’un référendum en 2022 pour demander à la population de se prononcer sur cette réforme était pour ainsi dire impossible. Le Directeur général des élections avait fait savoir que le projet de loi devait être adopté d’ici juin pour qu’il puisse organiser cette consultation en même temps que les élections générales de l’automne 2022.

Questionnée par l’opposition lors de l’étude des crédits budgétaires mercredi, Sonia LeBel a finalement reconnu ce qui apparaissait comme une évidence, mais que le gouvernement refusait de dire clairement jusqu’ici.

« Il n’y aura pas de référendum en 2022 parce qu’on ne sera pas en mesure d’adopter le projet de loi d’ici juin. Donc on ne rencontrera pas la condition sine qua non du DGEQ qui était de pouvoir mettre en vigueur les articles sur le référendum avant juin », a-t-elle soutenu.

Elle a ajouté que le gouvernement n’abandonnait pas cette réforme pour autant. Selon elle, la Coalition avenir Québec a respecté sa promesse électorale en déposant son projet de loi. Or François Legault s’était engagé à ce que les prochaines élections se tiennent sous un nouveau mode de scrutin, et il ne prévoyait pas de référendum sur la question.

« C’est un bris d’engagement ! », a lancé le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. « Le premier ministre claironne régulièrement qu’il va atteindre 100 % de ces engagements électoraux, et c’est faux. »

Des caquistes s’opposent à la réforme et le gouvernement, qui pouvait très bien organiser les travaux parlementaires pour faire avancer la réforme, a plutôt utilisé des « mesures dilatoires » afin de la repousser.

« On est en pandémie, en troisième vague. Il y a beaucoup de choses à faire », a répliqué la ministre LeBel. « Je comprends la déception, mais on va aller de l’avant » et « recommencer l’étude du projet de loi ». Elle n’a pas donné d’échéancier.