(Ottawa, Trois-Rivières) Justin Trudeau et François Legault ont annoncé lundi à Trois-Rivières un important investissement de 826 millions de dollars afin de s’assurer que 150 000 foyers québécois supplémentaires aient accès à l’internet haute vitesse au plus tard en septembre 2022.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
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Les deux gouvernements vont investir dans ce projet à parts égales.

Ainsi, le gouvernement fédéral injectera 413 millions de dollars afin de mener à bien cette opération qui vise à brancher les quelque 200 000 foyers québécois qui n’ont toujours pas accès à l’internet haute vitesse, principalement dans les milieux ruraux.

Pour sa part, Québec investira également 413 millions de dollars, permettant ainsi au gouvernement Legault de respecter sa promesse électorale de brancher tous les foyers québécois d’ici septembre 2022, juste avant la prochaine élection provinciale au Québec. Le gouvernement Legault a pris l’engagement de brancher tous les Québécois à internet haute vitesse d’ici la fin de son mandat.

« C’est une entente et une annonce historique », s’est réjoui le premier ministre François Legault. « Il y a beaucoup de monde qui ne croyait pas qu’on pourrait arriver à cette entente. En 2018, j’avais pris l’engagement que, d’ici la fin du premier mandat, tous les Québécois seraient branchés à l’internet haute vitesse et il y avait des sceptiques », a-t-il ajouté.

Ottawa, Québec ainsi que les fournisseurs de services internet : Vidéotron, Cogeco, Bell, Xplornet, Sogetel et Telus donneront ensemble ce coup d’envoi à « l’Opération haute vitesse Canada-Québec », afin de brancher près de 150 000 foyers à l’internet haute vitesse d’ici septembre 2022.

Le branchement des 150 000 foyers annoncé aujourd’hui s’ajoute à celui des quelque 66 000 foyers déjà couverts par d’autres programmes des gouvernements du Canada et du Québec. Actuellement, environ 250 000 foyers n’ont pas accès à l’internet haute vitesse au Québec. Selon M. Legault, quelque 36 000 foyers demeurent à desservir.

« Depuis des années, et de plus en plus depuis la pandémie, il y a beaucoup de gens, dont plusieurs députés de notre caucus, qui me parlent de l’importance de l’accès à l’internet haute vitesse dans les régions du Québec et à travers le pays », a indiqué le premier ministre Justin Trudeau. « Plus que jamais, l’accès à l’internet haute vitesse est un besoin essentiel au même titre qu’une route ou que l’électricité », a-t-il ajouté.

Il s’agit de la deuxième annonce à saveur économique effectuée par Justin Trudeau et François Legault en huit jours. « François, on ne s’était pas vus en personne depuis un an et maintenant on est ensemble pour un deuxième lundi de suite », a lancé M. Trudeau. « L’annonce d’aujourd’hui est un bel exemple de collaboration sur nos priorités communes pour le bénéfice des Québécois », a-t-il ajouté.

Selon nos informations, Québec obtiendrait un transfert de 420 millions du gouvernement fédéral afin de mener à bien le projet. Le Québec signerait des contrats pour brancher les régions mal desservies avec les fournisseurs en divisant la province par régions administratives. Les entreprises Vidéotron, Bell, Telus, Cogeco, Xplornet, et Sogetel auraient été retenues par Québec. Elles pourraient se voir imposer des pénalités si elles sont incapables de respecter l’échéancier prévu dans les contrats avec Québec.

Québec deviendrait la première province à conclure un tel accord avec Ottawa pour accélérer le branchement à l’internet haute vitesse. Dans les coulisses à Ottawa, on évoque la possibilité que ce modèle soit aussi utilisé pour conclure des accords avec les autres provinces.