(Ottawa) Alors que les libéraux annoncent l’ouverture d’une enquête sur l’agression sexuelle dont une femme aurait été victime dans un hôtel près de l’aéroport Montréal-Trudeau, les conservateurs réclament la suspension de ce programme de quarantaine obligatoire.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Ces allégations sont vraiment préoccupantes et font l’objet d’une enquête. L’Agence de la santé publique du Canada revoit ses procédés à l’interne, ainsi que ceux de ses fournisseurs de services, pour s’assurer de la santé et de la protection des voyageurs qui reviennent au pays », a déclaré jeudi Cole Davidson, l’attaché de presse de la ministre de la Santé, Patty Hajdu.

Le gouvernement s’est fait pilonner par l’opposition pendant la période des questions en Chambre, jeudi, en raison des ratés du programme de quarantaine obligatoire à l’hôtel.

Au Parti conservateur, on demande de mettre la mesure sur la glace.

« Si rien dans ce programme ne fonctionne, pourquoi le gouvernement ne l’a-t-il pas suspendu ? […] Les gens ont peur pour leur sécurité ; ce gouvernement sait qu’il existe des risques », a martelé le chef de l’opposition officielle, Erin O’Toole.

En réponse à sa question, la vice-première ministre, Chrystia Freeland, a exprimé sa profonde consternation « en tant que mère, femme et féministe » avant de rétorquer, que « si les conservateurs ne veulent pas protéger les Canadiens contre la COVID-19, c’est leur droit ».

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La vice-première ministre Chrystia Freeland

Les troupes conservatrices ont néanmoins poursuivi leur charge, l’élue albertaine Michelle Rempel Garner allant jusqu’à évoquer un programme « misogyne » et à se demander à voix haute si les libéraux suggéraient que la victime alléguée avait « mérité » ce qu’elle dit avoir subi dans l’établissement hôtelier montréalais.

Dans le camp bloquiste, on ne réclame pas une telle chose. La solution aux problèmes n’est pas de suspendre la contrainte, pour les voyageurs aériens qui arrivent au Canada, de se placer en isolement à l’hôtel à leurs frais, a plaidé le député Alain Therrien.

Comme le rapportait La Presse mercredi, une femme qui était sortie dans le cadre de porte de sa chambre de l’hôtel Sheraton de Montréal en quête d’une bouteille d’eau s’est retrouvée face à face avec un homme qui l’aurait agressée sexuellement.

L’individu de 29 ans, originaire de Windsor, en Ontario, a été arrêté par le SPVM puis formellement accusé d’agression sexuelle, d’entrée par infraction et de harcèlement. Il a été libéré sous caution et sera de retour en cour le 3 mai.

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice, formule le souhait que l’enquête qui a été déclenchée « fera toute la lumière sur la situation » et que le gouvernement libéral « appliquera rapidement de nouvelles mesures pour ne pas que ce genre de scénario d’horreur se reproduise ».

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice

Selon lui, « si le gouvernement n’avait pas attendu aussi longtemps avant de mettre en place ces mesures aux frontières, rien de tout ça ne serait arrivé », et Justin Trudeau « porte l’odieux de ce dont nous sommes tous témoins ».

L’évènement qui serait survenu à Montréal n’est pas un cas isolé.

En Ontario, un agent de contrôle de quarantaine a été accusé d’agression sexuelle et d’extorsion. Alors qu’il se trouvait dans une résidence d’Oakville, il a exigé d’une personne qui aurait enfreint la quarantaine qu’elle lui paie une amende en espèce, et lorsqu’elle a refusé, il l’a agressée sexuellement, selon la police.