(Ottawa) Les deux Canadiens détenus arbitrairement en Chine, Michael Kovrig et Michael Spavor, ont échangé au téléphone avec leur famille pendant le temps des Fêtes.

Mis à jour le 14 janv. 2021
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« À la demande du Canada, les autorités chinoises, dans un esprit humanitaire et sur une base légale, ont permis à [Michael] Kovrig et [Michael] Spavor d’échanger au téléphone avec leur famille durant la période de Noël », a déclaré jeudi Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine.

Il a ajouté que les deux hommes, sous les verrous depuis plus de deux ans, avaient « remercié [les] autorités » pour cette permission et que ces mêmes autorités chinoises traitaient leurs cas « dans le respect des lois et la protection complète » de leurs « droits légitimes ».

Le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas souhaité commenter l’information.

Mais dans une déclaration transmise mercredi, le bureau du ministre canadien des Affaires étrangères, Marc Garneau, avait fait savoir qu’« au cours des derniers mois, le Canada a établi un accord visant à accroître les services consulaires pour Michael Kovrig et Michael Spavor, ainsi que l’accès à leur famille ».

Ce communiqué a été publié alors qu’on apprenait que la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a pu accueillir à son domicile de Vancouver pendant le temps des Fêtes son mari, Liu Xiazong, ainsi que deux de ses enfants, en vertu d’une exemption accordée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

De l’avis de plusieurs observateurs spécialisés en relations internationales, l’arrestation de la numéro deux du géant chinois des télécommunications, le 1er décembre 2018, sur le sol canadien, a directement mené à celle des deux Michael en Chine quelques jours plus tard, en guise de représailles.

Les deux ressortissants canadiens n’ont pas droit à des visites familiales, ni accès à un avocat, mais ils ont de brèves visites consulaires une fois par mois. Celles-ci avaient toutefois été interrompues pendant plusieurs mois en raison des risques associés à la propagation du nouveau coronavirus.

La pandémie avait aussi eu raison des échanges épistolaires entre Michael Kovrig et sa famille, selon ce qu’avait confié la femme de cet ancien diplomate fédéral, Vina Nadjibulla, dans une entrevue accordée à La Presse en décembre dernier.

Le Parti conservateur s’est insurgé contre l’exemption consentie aux membres de la famille de Mme Meng. « Il s’agit d’une insulte pour les millions de Canadiens à qui ce gouvernement a dit de ne pas rendre visite à leurs proches », a dénoncé la députée Raquel Dancho dans un communiqué publié mercredi.

Le Canada continue de réclamer la libération immédiate de ses deux citoyens, de concert avec plusieurs alliés internationaux, dont les États-Unis. C’est à la demande de Washington qu’Ottawa a arrêté Meng Wanzhou à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018.