(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau affirme que sa décision de remanier son cabinet n’est pas signe qu’il souhaite la tenue d’élections au printemps.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

« Non, pas du tout. On a besoin d’avoir la meilleure équipe possible pour livrer aux Canadiens dans cette crise sans précédent », a fait valoir le premier ministre en conférence à Rideau Cottage, mardi, deux heures après avoir confirmé des changements à son cabinet.

Mais M. Trudeau a dit souhaiter que tous les Canadiens qui veulent être vaccinés puissent l’être avant que les électeurs soient convoqués aux urnes.

Mais pour le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, il est évident que le premier ministre, qui dirige un gouvernement minoritaire aux Communes, brûle d’envie de se lancer en campagne électorale.

« Alors que les Canadiens s’inquiètent pour la santé et la sécurité de leurs familles et pour leur sécurité financière personnelle, il est clair que les libéraux sont prêts à forcer la tenue d’élections. Les conservateurs vont continuer à se concentrer sur l’aide aux Canadiens pendant la pandémie et la crise économique dévastatrice, même si les libéraux ne le font pas », a-t-il averti dans une déclaration écrite.

Remaniement ministériel mineur

Justin Trudeau a procédé à un remaniement ministériel mineur mardi en confiant de nouvelles fonctions à deux ministres influents du Québec, soit Marc Garneau et François-Philippe Champagne.

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

À la tête du ministère des Transports depuis 2015, Marc Garneau devient responsable de la diplomatie canadienne.

À la tête du ministère des Transports depuis 2015, Marc Garneau devient responsable de la diplomatie canadienne à la place de François-Philippe Champagne. Ce dernier s’est vu confier le mandat de diriger le ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie.

La nomination de M. Garneau à la tête du ministère des Affaires étrangères survient à quelques jours de l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration démocrate du président désigné des États-Unis, Joe Biden, le 20 janvier.

Comme ce fut le cas depuis 2017, les relations canado-américaines, malmenées par le locataire actuel de la Maison-Blanche, Donald Trump, seront l’un des dossiers prioritaires du gouvernement Trudeau.

M. Trudeau a été contraint de procéder à ce remaniement après avoir été informé par le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, qu’il ne briguerait pas les suffrages aux prochaines élections pour des raisons familiales. Père de jeunes adolescentes, M. Bains compte siéger à titre de simple député à la Chambre des communes encore quelques mois avant de faire le saut dans le secteur privé.

M. Trudeau a décidé d’accorder au député de Mississauga-Centre, Omar Alghabra, une promotion en le nommant ministre des Transports. Considéré comme un proche de M. Trudeau, M. Alghabra occupait d’ailleurs le poste de secrétaire parlementaire du premier ministre (renouvellement de la fonction publique), de la vice-première ministre, Chrystia Freeland, et du ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.

« Que ce soit l’absence de stratégie en aéronautique, de plan de relance du transport aérien ou le remboursement des billets des voyageurs, le bilan de Marc Garneau aux Transports est dérisoire. Pas de bon augure pour les Affaires étrangères », a réagi le député du Nouveau Parti démocratique Alexandre Boulerice.

Le premier ministre a aussi profité de l’occasion mardi pour nommer de nouveau au Cabinet Jim Carr, qui avait été contraint de quitter ses fonctions de ministre du Commerce international pour des raisons de santé. M. Carr, qui a été réélu dans la région de Winnipeg, au Manitoba, aux dernières élections, se porte mieux et devient ministre sans portefeuille ayant comme mandat de représentant spécial pour les Prairies. Les libéraux ont été rayés de la carte électorale en Saskatchewan et en Alberta en octobre 2019.