(Québec) En pleine pandémie, le gouvernement Legault veut renouveler au plus vite, d’ici mardi, les conventions collectives de ses 500 000 employés. Il campe sur ses positions avec une offre qui est « déconnectée des besoins » et qui « coupe les ailes des anges gardiens », accuse la CSN.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Samedi, les négociateurs de la centrale syndicale ont eu des rencontres avec leurs vis-à-vis du Conseil du trésor, mais « très peu d’avancées ont été réalisées », selon un document produit par la CSN dimanche.

Elle estime que le gouvernement, après avoir évoqué des hausses salariales liées à l’inflation, revient à une offre inférieure, semblable à celle déposée en décembre. Il veut des contrats de travail de trois ans, avec des hausses salariales de 1,75 % pour les deux premières années et de 1,5 % pour la dernière. C’est inférieur à l’inflation prévue dans le budget Girard — 2,2 % pour 2020 et 2021 ; 2 % en 2022. Québec veut par ailleurs maintenir le statu quo quant aux conditions de travail, toujours selon la CSN.

« Quel est le véritable intérêt du gouvernement à vouloir conclure en quelques jours des ententes qui maintiendront à peu de choses près les mêmes conditions de travail inadéquates pour l’ensemble des salarié-es bien au-delà de la crise sanitaire ? Voudrait-il ainsi passer le cap des prochaines élections sans se retrouver à négocier avec ses travailleuses et ses travailleurs juste avant celles-ci ? La crise sanitaire ne doit pas servir à occulter les problèmes réels de conditions de travail », écrit la CSN.

Selon elle, « l’entêtement du gouvernement à vouloir renouveler en vitesse l’ensemble des conventions collectives nuit aux discussions essentielles qui devraient se tenir maintenant afin de mettre en place des mesures d’urgence pour le personnel au front contre la COVID-19 ».

La CSN a fait une proposition dans le contexte de la pandémie : des hausses salariales de 2,2 % pour 2020 et 2021, de même qu’une prime spéciale de trois dollars l’heure « pour tout le personnel de la santé et des services sociaux et pour tous les autres salariés du secteur public qui seraient appelés à contribuer aux efforts des mesures d’urgence de lutte contre la COVID-19 ». « Cette prime serait majorée à 4 dollars l’heure pour certains salariés augmentant leur disponibilité », précise la CSN.

Elle observe que de nombreuses entreprises du secteur privé qui sont dans les services essentiels ont offert des majorations salariales significatives à leurs employés. Or « le gouvernement, jusqu’à présent, semble plutôt d’avis que ses anges gardiens ne méritent pas tous une reconnaissance de leur contribution », estime la centrale syndicale.

Elle considère que les conventions collectives « ne doivent pas se négocier à la va-vite, sur un coin de table ». « Aller de l’avant avec la proposition actuelle du gouvernement n’est pas la voie à suivre », conclut-elle.

Samedi, la FIQ et la FAE ont également fait des sorties contre le gouvernement au sujet des négociations.