(Québec) Le gouvernement Legault refuse de créer un régime d’assurance pour protéger les rentes des retraités bénéficiant de fonds de pension à prestations déterminées afin de ne pas augmenter le fardeau fiscal des entreprises.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le ministre des Finances, Eric Girard, a affirmé mardi qu’on « ne peut pas réécrire le passé » et qu’un tel régime ne serait pas élaboré afin de venir en aides aux retraités de Groupe Capitales Médias ou de Sears Canada, entre autres, qui ont vu leur rente charcutée après la faillite de l’entreprise pour laquelle ils travaillaient.  

En matinée, des représentants de la Fédération canadienne des retraités, des retraités de Groupe Capitales Médias et des retraités de Sears Canada ont participé à un point de presse du Parti québécois pour demander à Québec d’étudier la possibilité de créer un Fonds de garantie des prestations de retraite, comme il en existe un en Ontario. Ce fonds « assure la protection des participants et des bénéficiaires ontariens des régimes de retraite à prestations déterminées privés à employeur unique en cas d’insolvabilité des responsables des régimes », écrit le gouvernement ontarien sur son site internet.  

« On travaille toute une vie […] pour se bâtir une retraite un peu solide. On a donné le meilleur de ce qu’on avait à donner à nos enfants pour leur permettre d’être des bons citoyens dans la vie. Puis aujourd’hui, c’est un peu l’inverse qui est arrivé. Ce sont nos enfants qui sont obligés de venir à la rescousse de leurs parents pour leur permettre de maintenir un niveau de vie acceptable », a affirmé mardi Claude Sénéchal, un retraité de Sears Canada, dont la rente a été amputée de près de 30 %.  

« Je ne suis pas fiscaliste. […] Par contre, je sais une chose. Nous assistons actuellement à l’émergence d’une nouvelle catégorie de pauvres qui sont les retraités, qui se font usurper une partie de leur fonds de pension, et c’est inacceptable », a également dénoncé le député péquiste Sylvain Roy.  

Mais le ministre Eric Girard croit qu’il « n’y a pas d’appétit » pour créer un tel fonds au Québec où ce sont les entreprises privées qui devraient assumer la prime qui y serait associée.  

« Lorsqu’on compare la situation du Québec et de l’Ontario, lorsqu’on somme l’impôt corporatif et les taxes sur les masses salariales, le Québec impose déjà significativement plus ses entreprises. Il n’y a pas d’appétit pour augmenter le fardeau fiscal de nos entreprises », a-t-il dit.

Selon lui, « si on augmente les charges associées [aux régimes à prestations déterminées], ce qui va se passer, c’est qu’on va accélérer leur déclin. »

Pour Québec, la solution pour l’avenir passe davantage par la création d’un nouveau type de fonds de pension, les régimes à prestations cibles, ce sur quoi le ministre Girard affirme travailler.