(Québec) François Legault défend avec vigueur le projet d’une entreprise de dirigeables dans lequel son gouvernement a investi 30 millions et exhorte les Québécois à se « réconcilier avec la prise de risques ».

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En mêlée de presse, mardi, au premier jour de la rentrée parlementaire, le premier ministre du Québec a directement ciblé les journalistes de Québecor, qui titraient en matinée « Méchante balloune : 30 millions de dollars dans des dirigeables jugés irréalistes au Québec ».

Le reportage, publié notamment dans Le Journal de Québec, explique entre autres que des experts mandatés par l’ancien gouvernement Couillard avaient jugé le projet de Flying Whales « irréaliste ». L’entreprise souhaite notamment développer des dirigeables pour transporter des matières lourdes dans les régions éloignées.

« Je trouve que c’est une très bonne idée. C’est une idée créative [et] innovante. Au lieu de transporter des marchandises et du matériel par camions, avec toute la pollution que ça amène, de dire on va utiliser un ballon […] c’est une excellente idée », a défendu M. Legault, mardi.

En novembre dernier, son gouvernement a confirmé qu’il investissait environ 30 millions dans le projet afin d’en être un partenaire.  Les médias de Québecor ont toutefois rapporté mardi que des experts dans un panel chargé d’évaluer le projet, en 2017, avaient émis de sérieux doutes quant à sa faisabilité.

« Il y a des contraintes, il y a des défis à relever concernant plein de sujets », a répliqué le premier ministre.

« Je pense que les Québécois doivent se réconcilier avec le risque. Une société avance en prenant des risques et je trouve ça malheureux que certains journalistes concluent et ne souhaitent pas qu’on prenne des risques », a dit M. Legault.

Mais l’article, ont rappelé certains en mêlée de presse, mardi, ne rapporte que des faits. Pourquoi cibler alors les journalistes plutôt que de dévoiler les études qui ont incité le gouvernement à aller de l’avant ?

« On n’est pas pour commencer [à] mettre sur la table tous les détails d’un projet et aider les compétiteurs », a répliqué M. Legault.

« Si le Québec, chaque fois qu’un projet qui est trop risqué, qu’on le ridiculise et qu’on ne prend pas de risque, la société va arrêter d’avancer. Allez vous promener à San Francisco et dans la Silicon Valley, vous allez voir qu’il y a bien des projets qui ont l’air bien drôles et qui pourraient être à la première page du journal », a-t-il ajouté.