(QUÉBEC) Inspiratrice de l’aspirant chef libéral Alexandre Cusson, la députée Marwah Rizqy a profité du lancement de son favori dimanche pour décocher des pointes contre l’autre candidate à la direction, Dominique Anglade, entourant l’enjeu de l’éthique.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Elle lui a reproché de « vivre dans le déni » et a ravivé le souvenir des déclarations passées de Mme Anglade contre le Parti libéral du Québec (PLQ) au moment où celle-ci était à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Alexandre Cusson a décidé de placer l’éthique au cœur de sa campagne, et il a voulu en faire la démonstration lors de son lancement. « Cette semaine, l’actualité nous a rappelé une période qui a terni l’image de la politique au Québec. On doit ensemble redresser la barre. Il faut s’occuper de notre parti. Et s’occuper de notre parti, c’est faire place à l’éthique en politique. Pour y arriver, j’ai des engagements clairs », a-t-il lancé dans un discours devant quelques dizaines de partisans réunis à l’aquarium de Québec, dont l’ex-ministre François Blais.

M. Cusson veut créer un poste de directeur de l’éthique et de la conformité au PLQ, comme il le révélait en entrevue à La Presse. C’est une idée qu’avait lancée Mme Rizqy l’année dernière – l’autre députée qui appuie M. Cusson, Lise Thériault, était absente, en raison d’un voyage, a-t-on expliqué.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Alexandre a lancé officiellement dimanche sa campagne électorale en vue de prendre la succession de Philippe Couillard.

Seule partisane de M. Cusson à être montée sur scène, Marwah Rizqy s’est dit « fière d’être avec un homme qui n’a pas peur de parler d’éthique ». Elle a multiplié les déclarations du genre ciblant Dominique Anglade.

Sans la nommer directement, elle a affirmé qu’« il y en a qui préfèrent se mettre la tête dans le sable ».

Lors d’une mêlée de presse, elle a fait valoir que son favori, lui, « comprend qu’on ne peut pas vivre dans le déni ».

« Il y a des gens qui peut-être ne veulent pas parler d’éthique mais, nous, on veut en parler. » Elle a précisé qu’« un autre clan » a plaidé que « quand on se promène au Québec, personne nous parle d’éthique », ce qui est faux selon elle. C’est une allusion à Dominique Anglade, qui tenait ces propos lors d’une conférence de presse jeudi dernier.

Mme Rizqy a laissé entendre qu’il est ironique d’entendre Mme Anglade parler ainsi. « C’est quand même elle qui a fait campagne contre le Parti libéral du Québec sur cet enjeu-là ! » a-t-elle lancé. Candidate de la CAQ en 2012, Mme Anglade avait entre autres déclaré qu’« il y a visiblement des élections avec trame de corruption avec le Parti libéral ».

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Marwah Rizqy, Dominique Anglade et Pierre Arcand lors de la soirée électorale du 1er octobre

Pour Marwah Rizqy, « si l’éthique n’était pas un enjeu, on n’aurait pas vu notre base de militants s’effriter de façon si importante en quelques années ».

En cinq ans, le PLQ a perdu 60 % de ses troupes pour atteindre un creux historique de 20 000 membres en règle.

Pour Alexandre Cusson, chez les militants et la population en général, « il y a cette idée constante qu’il y a une odeur de corruption qui flotte sur la politique au Québec ».

« Les règles ont changé, mais il semble que ça ne se rende pas, que ça ne rentre pas dans les maisons », d’où la nécessité de faire plus, a-t-il ajouté.

Il a donné son point de presse en compagnie de Mme Rizqy, démontrant la place importante qu’il lui accorde dans sa campagne. « Je ne vais certainement pas cacher Marwah dans une garde-robe, de toute façon elle s’enfuirait assez rapidement », a-t-il lancé avec une pointe d’humour.

Par ailleurs, l’aspirant chef s’est engagé à instaurer un processus de nomination des candidats aux élections « basé sur le principe des investitures ouvertes ».

Il propose de « lancer une réflexion sur l’encadrement de l’exploitation de l’eau potable et sa possible nationalisation », une position adoptée dès 2005 par les jeunes libéraux, qui ont le tiers de votes pour le choix du chef.

Alexandre Cusson juge inacceptable que la poignée d’embouteilleurs ne paient que 150 000 $ en redevances pour exploiter « l’or bleu » du Québec. « Actuellement, l’exploitation de notre eau potable, ça se fait sur le dos des Québécois et ça profite à quelques compagnies étrangères. C’est important qu’on prenne le taureau par les cornes et qu’on le fasse maintenant », a-t-il plaidé. C’est une autre idée que Marwah Rizqy a défendue dans le passé.

L’identité du prochain chef du PLQ sera connue lors du congrès à la direction de la fin mai.