(Québec) L’Assemblée nationale a d’une seule voix rendu hommage aux victimes de la tuerie du Vieux-Québec, lors de laquelle les vies de Suzanne Clermont et François Duchesne ont été arrachées. Cinq autres personnes ont été blessées dans ce drame sans nom, qui a ramené à l’avant-plan l’enjeu de la santé mentale.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Tour à tour, les chefs politiques ont prononcé une courte allocution en mémoire de Mme Clermont et M. Duchesne. Ils ont remercié les premiers répondants et les simples citoyens qui se sont portés au secours des blessés, mettant parfois leur propre sécurité en jeu. Une minute de silence a été observée.

« Vous avez agi à l’image de ce qu’est le Québec : une terre où l’on s’entraide et où, malgré l’aberration, l’incompréhension, on chemine ensemble, on garde espoir », a affirmé le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, dont la formation a déposé une motion pour que l’Assemblée nationale témoigne de sa solidarité aux résidents de la capitale.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a confié avoir pris ses enfants dans ses bras, la nuit du drame, comme l’ont certainement fait plusieurs Québécois, a-t-elle dit. Comment leur expliquer l’horreur en leur donnant espoir ? « J’ai pensé à Québec », a poursuivi la cheffe libérale.

« Québec restera cette ville [sécuritaire et où règne la quiétude] parce que nous allons nous assurer qu’elle le reste. Québec va se relever comme elle s’est relevée chaque fois », a promis Mme Anglade, avec émotions.

La co-porte-parole de Québec solidaire a parlé d’une capitale « un peu moins belle » avec le départ de ces deux êtres appréciés de tous. « On leur a enlevé la vie, mais aucun acte de violence ne peut leur enlever ce qu’ils ont fait de leur vivant », a assuré Manon Massé devant ses camarades.

Elle a ajouté que « nous devons » aux victimes « de braquer tous nos projecteurs sur la santé mentale des Québécois » et ainsi « répondre à l’appel du maire Labeaume », qui estime qu’un débat national sur la question est nécessaire. « Il faut qu’il y ait un avant le 31 octobre 2020 », a-t-elle conclu.

« Il faut en faire plus », dit Legault

Le premier ministre a parlé d’un réveil difficile pour les Québécois dimanche. Les deux victimes, « de façon totalement injuste, ont été tuées par un homme qui, de toute évidence, avait de problèmes sérieux de maladie mentale », a affirmé M. Legault.

« Il faut en faire plus », a-t-il indiqué mardi. Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, annonçait déjà lundi un point de départ, en investissant 100 millions dans ce secteur.

Le Parti libéral a, pour sa part, réclamé la tenue d’une commission parlementaire transpartisane, reconnaissant que la santé mentale n’avait pas eu l’attention qu’elle mérite de la part de tous les gouvernements précédents. « Travaillons ensemble », a demandé Mme Anglade.

L’enjeu a d’ailleurs dominé la période de questions, mardi.

« La question de la santé mentale, c’est plus qu’une question d’argent, il faut développer une vision claire et à long terme », a affirmé le péquiste Joël Arseneau.

Québec solidaire voulait que l’Assemblée nationale reconnaisse que le Québec est « plongé dans une crise nationale de santé mentale ». La motion en ce sens, qui a été présentée conjointement avec les formations d’opposition, a finalement été rejetée pour les élus caquistes.