(Ottawa) La vice-première ministre Chrystia Freeland affirme que les titulaires d’une charge publique devraient être conscients de la façon dont ils dépensent l’argent des contribuables, à la suite des révélations sur les rénovations coûteuses à Rideau Hall.

Teresa Wright
La Presse canadienne

Le réseau anglais de Radio-Canada a rapporté jeudi que des centaines de milliers de dollars avaient été dépensés pour des aménagements réclamés par la gouverneure générale Julie Payette dans sa résidence officielle pour des raisons de confidentialité, d’accessibilité et de sécurité.

Mme Freeland n’a pas voulu dire si elle jugeait ces dépenses appropriées, mais elle a tout de même estimé que les questions entourant ces révélations étaient légitimes.

« Les Canadiens ont absolument le droit d’examiner attentivement la façon dont nous dépensons l’argent des Canadiens », a-t-elle déclaré devant les journalistes à Toronto, vendredi. « Je pense que nous tous qui avons le privilège de servir les Canadiens devons vraiment être conscients que lorsque nous dépensons de l’argent, nous dépensons l’argent des Canadiens et nous devons être très, très réfléchis à ce sujet, très prudents. »

Le Bureau du secrétaire du gouverneur général n’était pas disponible pour commenter vendredi.

Mme Freeland a exprimé son respect pour la fonction et le rôle constitutionnel de la gouverneure générale, sans répondre directement à une question sur sa confiance en Mme Payette.

« Je pense que les Canadiens comprennent et sont satisfaits de la façon dont notre système de gouvernement, notre système constitutionnel fonctionne, a-t-elle dit. Le bureau du gouverneur général joue un rôle très important dans ce système et je pense que, comme l’écrasante majorité des Canadiens, j’ai beaucoup de respect pour ce bureau et pour ce rôle. »

Ce n’est pas la première fois qu’une controverse attire l’attention sur l’actuelle gouverneure générale. En juillet, CBC avait publié une longue enquête journalistique dans laquelle plusieurs employés passés et actuels affirmaient que Julie Payette les avait rabaissés et humiliés publiquement. Ces allégations font maintenant l’objet d’une enquête du Bureau du Conseil privé, soit le ministère du premier ministre.

Après la diffusion du reportage de CBC, Mme Payette avait publié une déclaration dans laquelle elle se disait « profondément préoccupée » par les allégations et accueillait favorablement la tenue d’une enquête.