(QUÉBEC) La première rencontre entre Québec et les chefs autochtones en vue de donner suite au rapport de la Commission Viens a été un « rendez-vous manqué » en raison de l’absence du premier ministre François Legault.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

C’est ce qu’a déclaré le chef de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, à la sortie de cette rencontre qui avait lieu jeudi à Québec.

L’absence de M. Legault a été remarquée par les leaders autochtones qui ont manifesté leur déception à la ministre déléguée aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

La ministre déléguée aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours

Pour M. Picard, le gouvernement a démontré « un manque de compréhension de la définition qu’on donne à la relation de nation à nation ».

« Je vous dis ce que certains chefs ont pris la peine de réitérer à la table : un processus, s’il devait être considéré comme étant sérieux, sincère, le premier ministre aurait dû être à la table. C’est un rendez-vous manqué aujourd’hui », a-t-il affirmé.

M. Picard s’est néanmoins montré satisfait que les parties se soient donné rendez-vous pour une seconde rencontre à brève échéance, en décembre.  

Sylvie D’Amours a balayé les questions sur l’absence du premier ministre et n’a pas été en mesure de dire si celui-ci sera présent à la deuxième rencontre.  

Les autochtones « ont le privilège d’avoir un Secrétariat aux Affaires autochtones, et c’est avec ce véhicule-là qu’on va travailler », a-t-elle dit. Elle était accompagnée de collègues ministres pour cette rencontre (Andrée Laforest, Isabelle Charest et Lionel Carmant), des invités qui se sont ajoutés à la dernière minute, mercredi soir, selon M. Picard.

Le chef de l’APNQL a ajouté que les chefs autochtones ont insisté sur la nécessité de concrétiser la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, comme le droit à l’autodétermination. Le gouvernement Legault comme les autres partis à l’Assemblée nationale reconnaissent « les principes » de cette Déclaration et se sont engagés à la mettre en œuvre, selon une motion adoptée récemment à l’Assemblée nationale.

Les leaders autochtones ont soulevé cet enjeu lors de la rencontre, mais il n’y apparemment pas eu d’écho de la part du gouvernement. « On nous a invité à un dialogue, mais à un certain moment, on a pensé que c’était peut-être plus un monologue où on exprimait un certain nombre de préoccupations », a soutenu M. Picard.

Sylvie D’Amours a dit avoir l’intention de « convenir de certains articles » de cette Déclaration avec les nations autochtones. « Il faut travailler à (leur) donner un sens commun », a-t-elle affirmé sans autre précision.

Ghislain Picard convient que la tâche est colossale pour répondre à la centaine de recommandations du rapport de la Commission Viens, qui a conclu que les autochtones sont victimes de discrimination systémique dans les services publics. « Tout le monde veut voir des changements rapidement, mais ça demande quand même des chantiers importants parce que ce sont des changements structuraux majeurs qui doivent prendre forme au sein du gouvernement », a-t-il souligné.