(Vancouver) L'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould n’exprime aucun regret d’avoir facturé plus que tous ses collègues de cabinet en frais de déplacement pour son mari – surtout pas alors qu’elle avait besoin de soutien dans l’épreuve SNC-Lavalin.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse


Le réseau Global News a rapporté mardi qu’au cours des quatre dernières années, elle a réclamé plus 125 000 $ en billets d’avion pour permettre à son mari, Tim Raybould, de faire la navette entre Vancouver et Ottawa et de voler ailleurs au pays.

À titre comparatif, le total des dépenses réclamées par les 34 membres du conseil des ministres s’élève à 421 504 $ pendant le mandat. À elle seule, la note de Mme Wilson-Raybould compte donc pour 23 %, selon l’analyse de la chaîne.

En entrevue dans son bureau de Vancouver-Granville, en Colombie-Britannique, celle qui est maintenant devenue députée – et bientôt candidate – indépendante se défend d’avoir exagéré ou abusé du programme.

« Non. J’ignore ce que mes collègues ont dépensé, mais je suis très reconnaissante que mon mari et moi ayons eu la possibilité d’être ensemble. Et la Chambre des communes permet aux époux d’être des voyageurs désignés », laisse-t-elle tomber.

« Nous avons été en mesure de conserver un semblant de conciliation travail-famille, et pour moi, cela a été tout particulièrement important de l’avoir à mes côtés au cours des […] derniers mois compte tenu tout ce que j’ai du traverser à Ottawa », ajoute-t-elle.

L’ancienne ministre de la Justice et procureure générale, qui a claqué la porte du cabinet en février dernier dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin, plaide qu’à son avis, « le coût du service public ne devrait pas être un mariage ou la famille ».

Les réclamations de ministres britanno-colombiens comme Carla Qualtrough ou Harjit Sajjan pour ce type de voyage ont été beaucoup moins élevés que ceux de leur ancienne collègue (46 000 $ et 16 000 $, respectivement, toujours selon Global News).