Les dirigeants des cinq partis fédéraux représentés aux Communes ont reçu leur carton d’invitation pour deux débats nationaux qui émailleront la campagne électorale fédérale. Le seul leader qui demeure dans l’incertitude est Maxime Bernier.

Mélanie Marquis, Fanny Lévesque
La Presse

Le commissaire David Johnston a fait parvenir lundi aux chefs du Parti libéral, du Parti conservateur, du Nouveau Parti démocratique, du Bloc québécois et du Parti vert un laissez-passer pour les joutes oratoires du 7 octobre et du 10 octobre.

Il a été déterminé que les partis de Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet et Elizabeth May respectaient au moins deux des trois critères qui ont été établis en octobre dernier par décret gouvernemental.

« La commission des débats des chefs attend avec impatience votre participation aux débats, qui sont une caractéristique fondamentale de la démocratie canadienne », écrit l’ancien gouverneur général dans une missive transmise aux dirigeants invités.

Les deux premiers critères de participation sont assez clairs : il faut être représenté par au moins un député élu sous cette bannière aux Communes et avoir l’intention de présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions électorales.

Le troisième est moins évident à trancher : pour être admissible, la formation doit avoir obtenu au moins 4 % des votes en 2015, ou encore présenter des candidats qui ont « une véritable possibilité d’être élus lors de l’élection générale en cause ».

Le sort du chef autoproclamé du Parti populaire, Maxime Bernier, dépend de ce critère – ayant été élu député conservateur au dernier scrutin, d’entrée de jeu, il ne remplit pas le premier.

La commission n’a pas encore statué sur son cas ; aussi le Beauceron ne sait-il pas encore s’il sera sur les plateaux des débats du 7 et du 10 octobre (en anglais, puis en français), qui se tiendront tous deux dans la région d’Ottawa-Gatineau.

Car ni les sondages, ni les sites de projection, ni les sondeurs indépendants consultés par la commission ne permettent « de croire, pour le moment » que le Parti populaire « a une véritable possibilité d’élire plus d’un candidat », a-t-on signalé à Maxime Bernier.

Précisant qu’il s’agit là d’une « évaluation préliminaire », la commission invite le chef à fournir au plus tard le 23 août prochain « une liste de trois à cinq circonscriptions qui, selon [lui], sont les plus susceptibles d’élire un candidat de votre parti ».

«Points de vue différents»

D’ores et déjà, Maxime Bernier s’est dit « très déçu » de cette évaluation préliminaire. Le chef du PPC explique être en « désaccord avec l’interprétation » du commissaire David Johnston.

« La commission semble s’être basée uniquement sur des sondages, et ne pas avoir tenu compte du contexte politique récent », a indiqué Maxime Bernier dans une déclaration transmise à La Presse par courriel, lundi.

« Le PPC représente un courant de pensée unique, et est le seul parti à offrir des politiques distinctes sur plusieurs sujets qui sont au cœur des débats politiques, notamment l’immigration, les changements climatiques, la liberté d’expression, les subventions aux entreprises, l’aide étrangère, la gestion de l’offre, et plusieurs autres sujets.»

«Les positions du PPC sont similaires à celles d’une importante minorité, ou même une majorité des Canadiens sur ces questions. Les Canadiens ont le droit d’entendre des points de vue différents de ceux des partis établis », a-t-il écrit.

La formation de Maxime Bernier, qui a déjà fait valoir ses arguments auprès de la commission, assure qu’elle continuera de défendre son point de vue au cours des prochaines semaines.

Une décision finale sera rendue au plus tard le 16 septembre prochain.  

Une vaste coalition dont fait partie La Presse a été chargée d’assurer la production, la promotion et la distribution des deux débats.  L’élection a lieu le 21 octobre prochain.