(Québec) Plusieurs entrepreneurs québécois ont manifesté de l’intérêt pour acheter Air Transat, soutient le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui prévient toutefois qu’il s’agit d’une aventure « pour adultes avertis ».

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Pierre Karl Péladeau fait partie du lot, comme il l’a confirmé lui-même au Journal de Montréal dont il est le propriétaire.

Le ministre a-t-il eu une discussion avec M. Péladeau sur le sujet ? « Je ne veux pas répondre à ça », a répondu Pierre Fitzgibbon. On comprend qu’il vous a appelé ? lui a-t-on fait remarquer. « Ce n’est pas moi qui le dit. »

Le ministre a confirmé que plusieurs gens d’affaires du Québec ont montré de l’intérêt dans l’acquisition d’Air Transat. « On n’est pas surpris. Air Transat est une marque que l’on affectionne beaucoup au Québec. C’est une business, par contre, qui n’est pas facile. Quand on regarde historiquement, beaucoup de monde ont eu des échecs là-dedans. C’est pour adultes, entre guillemets, avertis. Ça prend un bon plan d’affaires. Je ne m’attends pas à avoir, et je spécule, 25 acheteurs pour ça. »

Le gouvernement s’est dit prêt à investir des fonds publics pour qu’un acheteur québécois se porter acquéreur du voyagiste. Il veut que le siège social soit maintenu au Québec et que les emplois soient préservés.

« Je vais aider tous ceux qui vont respecter notre objectif de maintenir ce brand-là, qui est un beau brand québécois, de maintenir les emplois. Pour être honnête avec vous, je suis impartial sur qui va l’acheter », a affirmé M. Fitzgibbon. Québec jugera principalement la qualité du plan d’affaires qui sera présenté pour développer le « Transat 2.0 ».

« Les formes d’assistance peuvent être multiples. Ça peut être de la subvention, mais ici, il n’y en aura pas parce c’est une entreprise qui fait de l’argent. On parle de prêt, de redevance, ne pas payer d’intérêt, un investissement en équité. Chacun des projets seront analysés. » Il n’y a eu aucune demande d’aide formelle à ce jour selon lui.

« Aujourd’hui, est-ce que je suis confortable qu’il risque d’y avoir des acheteurs qui vont garder Air Transat au Québec ? Oui, je suis assez confortable. Je n’ai pas d’assurance par contre. Parce qu’il pourrait y avoir une offre beaucoup supérieure qui n’aurait peut-être pas d’allure pour nous autres et pour d’autres, Ça pourrait être une mauvaise conclusion. »

Le gouvernement « ne veut pas participer à une surenchère », a-t-il prévenu. « Il faut être prudent. Il ne faut pas mettre d’argent si le prix n’a pas d’allure. [Comme] le conseil d’administration a décidé de faire un processus, forcément, il y a une mini-enchère qui va se faire. De là l’importance que le gouvernement soit très rigoureux sur comment on va aider. »