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Mont d'Youville: l'action collective vise aussi les religieuses

La demande initiale d'action collective contre l'institution, déposée... (Photo Paul-Henri Talbot, archives la presse)

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La demande initiale d'action collective contre l'institution, déposée par l'ancien pensionnaire Jean Simard, qui allègue avoir été « sauvagement battu et agressé » durant ses deux années dans l'institution, a amené plus d'une cinquantaine d'autres victimes à se manifester.

Photo Paul-Henri Talbot, archives la presse

Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Les allégations d'agressions sexuelles et physiques envers des pensionnaires du Mont d'Youville, à Québec, visent maintenant des religieuses de la congrégation des Soeurs de la Charité de Québec.

La demande initiale d'action collective contre l'institution, déposée par l'ancien pensionnaire Jean Simard, qui allègue avoir été « sauvagement battu et agressé » durant ses deux années dans l'institution, a amené plus d'une cinquantaine d'autres victimes à se manifester.

Alors que seulement des préposés laïcs étaient visés à l'origine, la demande modifiée présentée le 24 septembre dernier est maintenant déposée « au nom de toutes personnes ou succession de personnes décédées qui ont été victimes d'agressions sexuelles, physiques et psychologiques par les préposés du Mont d'Youville, y compris les religieuses de la congrégation des Soeurs de la Charité de Québec ».

La demande comprend notamment des allégations à l'effet qu'une fillette de 7 ans a été agressée sexuellement à répétition par une soeur de la congrégation « responsable de la buanderie », au rythme d'une à deux fois par semaine durant une année.

Durant les cinq années de son séjour au Mont d'Youville, l'enfant aurait aussi été victime « d'innombrables agressions physiques et psychologiques de la part des religieuses membres des Soeurs de la Charité », par exemple d'avoir été « obligée de terminer un plat dans lequel elle avait vomi ».

Les Soeurs de la Charité ont administré l'institution, à la fois un orphelinat et une institution accueillant des enfants issus de familles dysfonctionnelles, jusqu'en 1996, moment où elle a été fusionnée au Centre jeunesse de Québec. Le Mont d'Youville a ensuite été absorbé par le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Le CIUSSS est donc, tout comme la congrégation religieuse, visé par la demande d'action collective, ayant « acquis tous les droits et obligations de la personne morale Mont d'Youville, dont les obligations découlant des faits allégués », selon la requête.

Battu « des milliers de fois »

Le requérant Jean Simard, lui, a séjourné au Mont d'Youville de 1 973 à 1 975, période durant laquelle il allègue avoir fait l'objet « d'agressions physiques et sexuelles systématiques et répétées par John-Anthony O'Reilly », un éducateur laïc du Mont d'Youville.

Se disant le « souffre-douleur » d'O'Reilly, Jean Simard affirme avoir été battu « des milliers de fois » avec une ceinture.

Il reproche aux religieuses de la congrégation d'avoir « préféré tolérer un abuseur et protéger leur réputation, au lieu de protéger les enfants dont elles avaient la responsabilité ».

John-Anthony O'Reuilly a été traduit trois fois devant les tribunaux entre 2009 et 2011 par d'anciens pensionnaires sous une kyrielle d'accusations d'attentat à la pudeur, de grossière indécence, de voies de fait avec lésions et de voies de fait. Il a plaidé coupable à la quasi-totalité de ces accusations.

Jean Simard réclame de la congrégation et du CIUSSS des dommages de 2 millions de dollars, soit 500 000 dollars en dommages non pécuniaires pour la douleur, la souffrance, l'angoisse et la perte d'estime de soi qu'il a subies ; 500 000 dollars en dommages-intérêts punitifs et exemplaires ; et 1 million en dommages pécuniaires afin de compenser sa perte de capacité de gains.

Il appuie cette dernière revendication sur le fait que les agressions qu'il a subies l'ont rendu violent, révolté contre toute forme d'autorité, de sorte qu'il a passé près de la moitié de sa vie adulte incarcéré alors que, selon sa requête, « de nombreux intervenants [avaient] vu en lui le potentiel nécessaire pour poursuivre des études supérieures ».




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