La Couronne a décidé de porter en appel l’acquittement d’Ernesto Fera, qui a été libéré le mois dernier d’une accusation de meurtre prémédité. L’homme de 55 ans était accusé d’avoir assassiné sa femme, Nadia Panarello, en lui tranchant la gorge, en 2004 à Laval.

Publié le 14 janvier
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Le juge James Brunton a toutefois penché en sa faveur, le 15 décembre dernier, en acceptant la thèse de la défense, qui avançait que la mère de famille de 38 ans avait pu être tuée par un voleur qui se serait faufilé dans la résidence lavalloise par une porte déverrouillée.

Quelques bijoux avaient été volés dans la maison cossue du quartier Vimont, mais aucune trace d’ADN n’avait été trouvée sur les lieux.

Ernesto Fera avait été arrêté en 2019 pour ce meurtre, presque 15 ans après les faits.

La Couronne veut faire appel de son acquittement parce qu’elle estime notamment que le juge Brunton a tiré des conclusions « qui ne sont appuyées par aucun élément de preuve ou qui reposent sur la conjecture », peut-on lire dans l’avis d’appel.

Selon la théorie de la poursuite, le mari de Nadia Panarello était le seul à avoir pu commettre ce meurtre puisque quelques minutes seulement s’étaient écoulées entre son départ de la maison et le meurtre. Il avait « l’opportunité exclusive », dans le jargon judiciaire.

Ernesto Fera et sa femme étaient très endettés à l’époque. À la suite de la mort de Nadia Panarello, son mari a reçu 350 000 $ en assurance vie, ce qui lui a permis de rembourser l’hypothèque de sa maison et l’entièreté de ses dettes. Il s’agit là du motif du crime, avait plaidé la Couronne. Surtout que quelques jours avant le meurtre, Ernesto Fera avait tenté d’obtenir un prêt de 120 000 $ auprès d’une connaissance.

Le juge Brunton a cependant rejeté cette explication, estimant que cela n’avait « aucun sens que son plan B soit de tuer sa femme ».

Avec Louis-Samuel Perron, La Presse