Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont ouvert le feu sur un homme armé d’un couteau, dimanche matin, dans le secteur Montréal-Nord. L’évènement est survenu peu avant 7 h près d’une caserne de pompier située sur le boulevard Rolland.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Selon nos informations, l’homme semblait confus et aurait eu un exemplaire du Coran en sa possession, ainsi que d’autres objets disparates. Le suspect dans la trentaine était conscient lors de son transport à l’hôpital et on ne craint pas pour sa vie. Selon plusieurs informations, il souffrirait de troubles de santé mentale.

Aucun policier n’a été blessé. Les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) ont été dépêchés sur les lieux de l’altercation.

Témoignages

Deux témoins ont confirmé à La Presse avoir entendu quatre ou cinq coups de feu très tôt dimanche matin. André Beaudoin était sur place dès 5 h pour son quart de travail à la boucherie Fortin, tout près de la scène. « Les policiers ont demandé à l’homme de lâcher son arme. J’ai entendu quatre ou cinq coups de feu. Après ça, silence radio. »

« J’ai entendu des gens qui se disputaient juste avant les coups de feu. Une voix de femme, puis un homme à l’accent maghrébin. Ensuite, quelqu’un a crié ‟je vais tirer, je vais tirer” et il y a eu quatre tirs très rapides », raconte un jeune homme, qui se trouvait chez lui au moment des faits. Le balcon de son appartement fait face à la caserne de pompiers. « Je ne suis pas sorti, je ne voulais pas me mêler à tout ça », précise-t-il. Il n’a pas voulu révéler son identité, puisqu’il ne voulait pas nuire à l’enquête.

Le suspect aurait tenté d’entrer dans la caserne de pompiers en frappant la porte, armé d’un couteau. Vers 6 h 45, les policiers auraient été appelés à l’intersection du boulevard Rolland et de la rue Pascal.

Sur place, les agents du SPVM auraient tenté d’entrer en communication avec l’homme, mais ce dernier n’aurait pas voulu coopérer. Les policiers auraient tiré en direction de l’individu peu après, et une balle l’aurait atteint.

Un imposant périmètre policier a été érigé sur le boulevard Rolland.

Six enquêteurs du BEI ont été chargés d’enquêter sur cet évènement. Ils seront assistés d’un technicien en identité judiciaire de la Sûreté du Québec (SQ), qui travaillera sous leur supervision.

Voisinage blasé

Le voisinage affichait un air blasé, dimanche matin. On faisait ses courses, on se promenait avec les enfants en poussette et on jasait entre amis devant les nombreux commerces antillais, comme d’habitude. Près d’un magasin de produits de beauté, des jeunes du quartier se disputaient bruyamment en se faisant des doigts d’honneur. Ils ont entendu des bruits qui « ressemblaient à des feux d’artifice » un peu avant 7 h, ont-ils confirmé en haussant les épaules. « Ça se passe souvent dans le coin », a dit un adolescent interrogé par La Presse.

Rosa Flamenco habite juste à côté de la caserne 18, devant laquelle s’est produite l’altercation entre les policiers et le suspect. « C’est assez fréquent d’entendre des tirs pendant la nuit ou tôt le matin. Je ne cherche plus vraiment à savoir ce qui se passe, je me rendors. Un jour, je déménagerai ailleurs. »

« Ça tire ici, ça se chicane et ça se menace. Les coups de feu et les altercations, ça ne nous réveille plus, ça arrive souvent », a confié une résidante du quartier qui a préféré ne pas dévoiler son nom. Elle habite dans la rue Jubinville depuis plusieurs années et n’a même pas sourcillé à la vue des nombreuses voitures de police postées devant le périmètre. « Personne n’aime ça. On a tous des enfants et ça nous inquiète. Cet été, c’était pire, des fois, il y a eu des tirs et ça ne passait même pas aux nouvelles », a-t-elle expliqué.

C’est la deuxième fois en moins de 24 heures que les patrouilleurs du SPVM tirent sur un individu armé à Montréal. Samedi, ils ont blessé un homme soupçonné d’avoir auparavant tué ses deux sœurs par projectiles d’arme à feu dans le quartier Mercier.