Un père qui a agressé sexuellement son jeune fils à une trentaine de reprises dans un contexte de châtiments corporels a récemment été condamné à 15 mois de prison pour ses graves crimes sexuels. Le juge a rejeté la version « évasive » du Montréalais et a plutôt cru le récit sincère du garçon.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Le juge Serge Delisle a ainsi déclaré le Montréalais de 51 ans coupable d’avoir agressé son fils, de mai 2016 à juin 2017, alors que l’enfant avait 7 et 8 ans. Pour protéger l’identité de la victime, nous ne pouvons révéler le nom de l’accusé dans cette affaire.

Séparé de la mère de l’enfant depuis la naissance, le père garde son fils trois fois par semaine après l’école et à d’autres occasions. Il agit alors en véritable bourreau, multipliant les châtiments corporels pour punir l’enfant. Parfois, il l’oblige à se mettre à genoux, les bras en l’air. L’accusé compte alors jusqu’à 100.

« Il lui donne des fessées, le frappe au visage avec la main ouverte ou il lui donne des pichenettes », résume le juge dans sa décision du 16 juin dernier.

Les agressions sexuelles se déroulent toujours de la même façon, selon l’enfant. Le père met sa main dans le pantalon du garçon et « joue » avec le pénis de l’enfant. Il pince parfois le bout de l’organe génital de l’enfant avec le bout de ses doigts. L’enfant demande toujours à son père de cesser, mais ce dernier continue.

Les agressions sont survenues uniquement à la résidence du père et ont cessé après que l’enfant s’est confié à sa mère.

Au procès, le père a complètement nié avoir agressé son fils. « Moi, je n’ai rien à voir avec ça », s’est-il défendu. Son témoignage n’a toutefois soulevé aucun doute raisonnable dans l’esprit du juge.

Sa négation est faite sans grande conviction, de manière très générale et sans fournir d’explications. La version évasive et succincte ne lui permet pas de lui conférer une crédibilité et une fiabilité.

Le juge Serge Delisle

Au contraire, le garçon, qui avait 10 ans au moment du procès, a rendu un témoignage « franc, honnête, détaillé et fiable », souligne le juge. « Il est un garçon articulé et démonstratif qui s’exprime dans un français remarquable pour un garçon de son âge », ajoute-t-il.

Le juge Delisle a entériné la suggestion commune des avocats, le 2 juillet dernier, et a imposé une peine de 15 mois de détention à l’accusé, suivie d’une probation de deux ans. Il sera inscrit pendant 20 ans au registre des délinquants sexuels.

Cette peine est raisonnable, selon le juge, compte tenu des nombreuses agressions, du lien familial entre l’accusé et la victime et de l’absence d’antécédents criminels de l’accusé.

La peine est également conforme au récent arrêt Friesen de la Cour suprême, selon le juge. Cette décision majeure oblige les tribunaux à imposer des peines plus sévères pour les crimes sexuels visant des enfants en raison du « tort immense que cause la violence sexuelle aux enfants ». Ainsi, les crimes sexuels contre des enfants devraient être punis plus sévèrement que les crimes sexuels à l’égard d’adultes, selon le plus haut tribunal du pays.