De nombreux clients de la bijouterie La Turquoise, à Montréal, se sont fait voler leurs précieux bijoux, il y a trois ans. Ces citoyens n’ont pas fait les frais d’un cambrioleur cagoulé qui a dévalisé l’établissement en pleine nuit, mais plutôt d’un propriétaire « négligent » qui a dépouillé les trésors de ses clients.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Plus de deux ans après sa mise en accusation, le bijoutier Alain Benguira a finalement reconnu ses torts jeudi, au palais de justice de Montréal. L’homme de 36 ans a plaidé coupable à huit chefs d’accusation de vol de moins de 5000 dollars déposés par voie sommaire. Compte tenu de sa reconnaissance de culpabilité, les chefs de fraude ont été lâchés par la poursuite.

Alain Benguira a hérité de la bijouterie de ses parents sur le boulevard Pie-IX, il y a quelques années. Or, le trentenaire n’a pas bien géré le commerce et s’est alors retrouvé avec des problèmes financiers. C’est dans ce contexte que le bijoutier a conservé par « négligence » les bijoux de valeur de plusieurs clients à un endroit non déterminé, selon les faits admis par les parties. Sa négligence est telle que ses gestes constituent un vol.

Selon des témoignages présentés à l’émission La Facture en 2018, Alain Benguira aurait multiplié les excuses pour ne pas remettre les bijoux à ses clients mécontents, par exemple en leur faisant croire qu’il avait perdu leurs trésors ou que leurs bijoux étaient entreposés dans un coffre-fort à la banque.

Mais finalement, plusieurs victimes ont pu récupérer leurs biens, alors que les autres ont été remboursées au moins en partie. La valeur des bijoux n’a pas été précisée en cour.

La procureure de la Couronne, MSarah-Audrey Daigneault, et l’avocat de la défense, MGilbert Frigon, ont présenté une suggestion commune de peine au juge Dennis Galiatsatos, soit une absolution conditionnelle assortie d’une probation d’un an et de 80 heures de travaux communautaires. À terme, Alain Benguira pourra ainsi éviter de conserver un casier judiciaire.

En acceptant la recommandation, le juge a pris en considération le fait que l’accusé avait repris sa vie en main, qu’il comptait reprendre ses études et que les victimes avaient été remboursées.