En septembre 2016, Christine Perron a été percutée par un autre participant lors d’une activité de tyrolienne à la Station touristique Duchesnay. La Cour du Québec a ordonné à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), qui gère l’endroit, de verser quelque 12 000 $ à sa cliente.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Après s’être élancée sur la tyrolienne, Mme Perron n’a pas réussi à atteindre la plateforme d’arrivée, restant coincée au milieu du trajet par manque de vitesse. Elle interpelle un patrouilleur, qui se rend sur place. Le participant suivant, Sébastien Perron, n’en a pas conscience et s’élance à son tour. Il percute la femme de plein fouet.

À la suite de cet accident, elle est diagnostiquée avec une commotion cérébrale, une entorse cervicale, une entorse sacro-iliaque, une entorse à une cheville et une contusion à la mâchoire.

Le juge Charles Taschereau, de la division des petites créances de la Cour du Québec, a conclu que la Sépaq avait une responsabilité dans cet accident.

«La présence de branches d’arbres obstruait la vue sur une partie importante du trajet de la tyrolienne et sur la plateforme d’arrivée, note-t-il. La survenance d’un accident comme celui qu’a subi madame Perron apparaissait, dans les conditions qui prévalaient le 17 septembre 2016, parmi les éventualités normalement prévisibles.»

La Sépaq arguait n’avoir commis aucune faute et que les participants connaissaient les risques inhérents à la pratique de l’activité. La Société rejetait aussi la faute sur M. Perron, qui ne se serait pas assuré adéquatement que la voie était libre, contrairement aux consignes de sécurité.

Le juge a rejeté cette théorie. «Le Tribunal a déjà conclu qu’il n’est pas raisonnable d’imposer aux participants, comme monsieur Perron, l’obligation d’interpeller un patrouilleur en l’absence de tout indice permettant de suspecter un problème», écrit-il dans sa décision.

Il ajoute aussi que la possibilité d’être heurté à une telle vitesse par un autre participant ne faisait pas partie des risques raisonnables de l’activité que Mme Perron a acceptés.

Tout de suite après l’impact, Mme Perron a dit avoir perdu le souffle. Elle a eu mal aux genoux et aux chevilles et a eu de la difficulté à ouvrir la bouche. Elle a consulté un médecin deux jours plus tard. Son diagnostic est tombé.

Incapable de se concentrer ou de tolérer le bruit et la lumière, elle a dû s’absenter du travail près de quatre mois. Elle réclamait donc la différence entre son salaire et les prestations reçues de son assurance, le remboursement de frais médicaux et une indemnité pour les kilométrages parcourus pour ses traitements, notamment.

En lui accordant la somme de 12 053,84 $, plus intérêts et frais de justice, le Tribunal a ajouté que la femme subissait toujours les conséquences de l’accident.