Ottawa a intercepté pour 77 000 $ de miel frelaté l'an dernier

Dans le miel frelaté, le produit du travail... (PHOTO BRAD MCCLENNY, ARCHIVES THE GAINESVILLE SUN/ASSOCIATED PRESS)

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Dans le miel frelaté, le produit du travail des abeilles est « coupé » avec un autre type de sucre.

PHOTO BRAD MCCLENNY, ARCHIVES THE GAINESVILLE SUN/ASSOCIATED PRESS

Votre miel provient-il entièrement du dur labeur des abeilles ? Près de 22 % des 240 échantillons analysés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), l'an dernier, avaient été « coupés » avec un autre type de sucre. Le miel adultéré provenait uniquement de l'étranger, tandis que les échantillons canadiens étaient tous authentiques.

La fraude alimentaire est un phénomène qui préoccupe de plus en plus le gouvernement canadien, même si son ampleur demeure inconnue. Partout dans le monde, les experts s'entendent toutefois sur le fait que, puisqu'ils sont liquides, l'huile d'olive et le miel font partie des produits qui font le plus souvent l'objet de falsification.

« Avec l'huile d'olive, la crainte, c'est la présence non déclarée d'allergènes alors que dans le cas du miel frelaté, ce sont les dates de péremption », explique Sylvain Charlebois, professeur à l'Université Dalhousie et spécialiste de la question de la fraude alimentaire. « Le miel, c'est pratiquement un des seuls ingrédients que l'on a dans notre dépense que l'on peut garder pour longtemps. La majorité des gens acceptent que le miel, ça ne pourrit pas. Tu peux avoir une bouteille depuis deux ans, cinq ans, dix ans, ça se mange encore. Mais dès qu'on ajoute un ingrédient, cette règle-là ne s'applique plus et c'est là que ça peut devenir dangereux », précise-t-il.

Technique d'analyse novatrice

Le programme d'inspection ciblée de l'ACIA concernant le miel s'est déroulé entre juin et septembre 2018. Les échantillons provenaient du miel en vrac destiné à être transformé et du miel en bocal destiné à la vente aux consommateurs. Ils ont été prélevés chez des importateurs, des courtiers, des distributeurs, des mélangeurs, des classificateurs, des détaillants et des établissements de transformation.

Deux techniques ont été utilisées. La première, qui analyse les « rapports isotopiques stables », sert à détecter la présence de sucres de catégorie « C4 » comme la canne à sucre ou le sirop de maïs. La seconde utilise la technologie de la résonance magnétique nucléaire pour détecter les sucres classés dans la catégorie « C4 », mais également « C3 » comme le sirop de riz ou le sirop de sucre de betterave. Cette méthode scientifique est nouvelle et souvent citée par les experts comme étant très prometteuse pour contrer la fraude alimentaire. En revanche, la première technique est en mesure de déceler des concentrations de sucres étrangers plus faibles.

L'ACIA a empêché les lots de miel associés aux échantillons d'être vendus. Près de 12 800 kg de miel, d'une valeur de 76 758 $, ne se sont ainsi jamais retrouvés sur les tablettes.

52 : Nombre d'échantillons (sur 240) qui ont échoué à l'un des tests ou aux deux

44 : Nombre d'échantillons qui ont échoué au test de résonance magnétique nucléaire

16 : Nombre d'échantillons qui ont échoué à l'analyse des rapports isotopiques stables

Comment se prémunir contre la fraude ?

Le président de la Fédération des apiculteurs du Québec, Stéphane Leclerc, s'est réjoui des résultats du programme d'inspection de l'ACIA. « Honnêtement, c'est une belle fierté. Que 100 % d'échantillons québécois qu'ils ont testés étaient propres, c'est magnifique ! », a-t-il déclaré lors d'une entrevue téléphonique.

Il considère qu'un miel falsifié à petit prix constitue une concurrence déloyale pour les apiculteurs d'ici, qui offrent un produit de qualité qui, même en excluant le phénomène de la fraude, répond à des normes de qualité plus élevées que dans bien des pays exportateurs de miel. « On est fiers au Québec de faire des produits de qualité. Mais tout cela, ça prend du temps, ça coûte de l'argent. »

L'une des façons de se prémunir contre la fraude alimentaire reste de se méfier des petits prix. Si l'affaire est trop belle pour être vraie, c'est peut-être l'oeuvre de tricheurs. M. Leclerc indique qu'à moins de 9,99 $ le kilo en épicerie, le consommateur devrait se méfier.

Le miel et la fraude alimentaire au Canada en chiffres

24 millions : Somme allouée dans le dernier budget fédéral pour aider l'ACIA à s'attaquer au phénomène de la fraude alimentaire

92 millions : Quantité (en livres) de miel produite au Canada en 2017

188 millions : Valeur du miel produit au Canada en 2017

41 millions : Valeur des importations de miel en 2017

Source : ACIA




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