Une demande d’autorisation d’exercer une action collective contre Facebook a été déposée jeudi à la Cour supérieure pour discrimination, notamment en matière d’emploi et de logement. Les modalités de ciblage publicitaire du réseau social contreviendraient à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec, selon la partie requérante.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

En ne régulant pas la publication des annonces sur sa plateforme, Facebook permet toutes sortes de discriminations basées sur l’origine ethnique, l’âge, le sexe ou l’état civil, soutiennent les avocats de la firme IMK LLP, qui ont déposé la requête.

Selon le document, « des employeurs et des entreprises au Canada se livrent à des pratiques de ciblage » dans leurs annonces payantes qui rendent ces contenus masqués pour certains utilisateurs.

D’après les demandeurs, avec l’outil « Public personnalisé », par exemple, Facebook donnerait la possibilité aux annonceurs de choisir qui recevra la publicité selon ses mentions « J’aime », mais aussi certains critères démographiques, l’âge ou le sexe (sans qu’il y ait d’option pour les utilisateurs ne s’identifiant ni comme femme ni comme homme sur leur profil).

Les personnes qui ne répondent pas aux « préférences » choisies ne verront simplement pas l’annonce. 

La requête soutient que cette pratique prive de nombreux utilisateurs d’offres d’emploi ou de logement, notamment. Elle cite plusieurs exemples, comme une annonce du Centre national des Arts offrant 20 postes, mais ne ciblant que les utilisateurs de 18 à 55 ans vivant à Ottawa. « Cela veut dire que les personnes plus vieilles que 55 ans ne pouvaient pas recevoir cette annonce », peut-on lire.  

Dédommagement demandé

La demande d’autorisation d’action collective a été déposée au nom de Lyne Beaulieu, une adjointe juridique montréalaise de 65 ans, qui a, selon le document, cherché activement un travail lorsqu’elle avait 63 ans, sur plusieurs sites d’emplois. 

Selon la requête, compte tenu de son âge, elle n’a pas reçu d’annonces sur Facebook, bien qu’elle soit une « utilisatrice active » du réseau social, ce qui lui a porté préjudice. 

Si la demande d’action collective est acceptée, la pétitionnaire demandera une rétribution pour dommages punitifs et pécuniaires à toutes les personnes visées par les discriminations alléguées, pour un montant indéfini. On demande également qu’il soit imposé à Facebook de modifier son système publicitaire.

Facebook n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue au moment de publier.