Un homme tiré dans le cœur. Une femme atteinte au visage. Jacques Bolduc n’a pas hésité à tirer à bout portant sur deux innocents pour les voler, il y a deux ans à Montréal. Reconnu coupable par un jury, ce multirécidiviste très dangereux pourrait maintenant passer le reste de ses jours en prison.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Jacques Bolduc n’a malheureusement pas été pris au sérieux par ses deux victimes, les 6 et 7 février 2017. Celles-ci ne pouvaient toutefois pas se douter que l’homme de 57 ans avait déjà tiré sur un chauffeur de taxi à la tête en 1979 et qu’il était prêt à les tuer pour leur voler un peu d’argent.

Vers 22 h 30, Jacques Bolduc accoste sa première victime à la sortie d’un dépanneur de la rue Sainte-Catherine. Il brandit son arme à feu vers l’homme et lui réclame son cellulaire et ses clés. Mais la victime le repousse, croyant qu’il tient en fait une fausse arme. C’est alors que Bolduc tire sur sa victime en pleine poitrine.

Quatorze heures plus tard, Jacques Bolduc entre dans un dépanneur de la Place Frontenac, rue Ontario, et réclame de l’argent à la caissière en exhibant son arme à feu. L’employée ne le prend toutefois pas au sérieux et lui lance des pièces de 1 $ pour le faire déguerpir. Jacques Bolduc lui tire alors en plein visage. Les deux victimes ont témoigné pendant le procès pour identifier leur agresseur. Une vidéo filmée par un témoin a également été cruciale dans le procès pour identifier l’accusé alors qu’il quittait le dépanneur.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Le 7 février 2017, la caissière d’un dépanneur de la Place Frontenac, dans le quartier Sainte-Marie, à Montréal, a été atteinte à bout portant par un projectile après qu’elle eut refusé d’obtempérer aux demandes de Jacques Bolduc.

Au terme de trois jours de délibérations, Jacques Bolduc a été déclaré coupable samedi de six chefs d’accusation, dont deux pour tentative de meurtre. L’accusé n’a pas présenté de preuve en défense. La procureure de la Couronne, Me Roxane Laporte, entend maintenant demander à la Cour de le faire déclarer délinquant dangereux pour une période indéterminée, une étiquette réservée aux pires criminels.

Il faut dire que Jacques Bolduc a passé pratiquement toute sa vie adulte derrière les barreaux pour une panoplie de crimes violents. Condamné à 16 ans de pénitencier en 1979 pour une tentative de meurtre sur un chauffeur de taxi, Jacques Bolduc a tenté de s’évader trois ans plus tard en s’emparant d’un camion du Service correctionnel après avoir menacé un officier.

Quelques années plus tard, il a pris en otage cinq personnes, dont un enfant, pendant un vol dans une résidence et a tiré deux coups de feu pour les maîtriser. Aussitôt en semi-liberté, il a commis une série de vols qualifiés. Mais un appel anonyme a mené à son arrestation et a révélé son implication dans le complot d’évasion d’un détenu. Nouvelle libération, nouvelle récidive en 2008 : il a volé un véhicule et menacé une victime avec un couteau pour lui voler ses clés.

Ainsi, en raison de son « risque élevé de récidive violente » et de son « potentiel de dangerosité élevé », Jacques Bolduc est resté détenu jusqu’au dernier jour de sa peine cumulée de plus de 35 ans de pénitencier en septembre 2014. Une décision rarissime de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). « La Commission demeure convaincue que vous commettrez, si vous êtes remis en liberté […], une infraction causant un dommage grave à une autre personne », a écrit la CLCC en 2014.

Les parties reviendront devant la juge France Charbonneau le 16 mai prochain. Jacques Bolduc était défendu par Me Catherine Ranalli et Me Mélissa Beaulieu-Lussier.