Le rapport produit à la suite du carambolage survenu le 2 février sur l’autoroute 20, à la hauteur de Val-Alain, conclut que l’entreprise Transports Mario Giguère, responsable de l’entretien de l’autoroute, n’a pas respecté certaines exigences du devis : ses camions d’épandage sont sortis trop tardivement. Et le patrouilleur du ministère était seul dans la zone.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Le 2 février dernier, 70 véhicules avaient été accidentés lors de plusieurs collisions et sorties de route, entre les kilomètres 261 et 256 sur l’autoroute 20 en direction est. La chaussée était glacée et il y avait poudrerie. Et 200 véhicules étaient restés coincés derrière le carambolage.

Au final, 15 personnes avaient subi des blessures mineures et deux des blessures majeures.

« On a été chanceux qu’il n’y ait pas eu de décès », s’est exclamé le ministre des Transports, François Bonnardel, au cours d’une conférence de presse pour présenter le rapport, mercredi.

Selon le ministre, vu les conditions routières, « il aurait dû y avoir des camions dès 7h50 » ce matin-là. Or, le premier camion de l’entreprise TMG est sorti à 11h24. « Oui, il y a eu faute de la part de l’entrepreneur », a-t-il conclu.

L’entrepreneur s’est vu imposer une amende de 5300 $ pour son défaut d’exécution lors de ce carambolage. Il a eu 38 contrats avec le MTQ totalisant environ 19 millions depuis 2014-2015 et il a toujours eu un rendement jugé satisfaisant, ont souligné les autorités du ministère.

Si ses camions sont sortis si tard, c’est qu’il semble y avoir eu des hésitations quant au mélange optimal d’abrasifs à épandre. Mais les auteurs du rapport estiment que « cela ne peut servir d’excuse pour retarder la sortie des camions ».

Aujourd’hui, l’entreprise s’est elle-même retirée du contrat d’entretien pour cette portion de l’autoroute.

Comme correctif, le ministre Bonnardel a annoncé que la façon de calculer les amendes sera modifiée afin de les augmenter, pour inciter davantage à respecter les clauses du contrat.

Patrouilleur du MTQ seul

Un second problème constaté lors de ce carambolage : le manque de patrouilleurs au MTQ et le nombre de tâches qu’un patrouilleur doit accomplir.

Un seul patrouilleur dans cette zone devait à la fois prêter assistance aux conducteurs dans le besoin et surveiller les contrats des déneigeurs privés. « On a eu un problème, ce matin-là, de ne pas avoir assez d’effectifs », a convenu le ministre Bonnardel.

Il a clairement exprimé sa volonté d’augmenter les effectifs lorsque les conditions routières sont difficiles. Les tâches de surveillance des déneigeurs et d’assistance routière seront scindées en deux. Et si le ministère doit embaucher? « Ce n’est même pas une question de sous. Si ça nous coûte 500 000 $ en emplois, en salaire, il n’y a pas assez de 500 000 $ pour sauver un décès. »

Et sur cette même question des effectifs, le rapport recommande aussi de se doter d’une liste de rappel pour avoir des employés disponibles lorsque les besoins se font sentir.

Communications et prévention

Le rapport soulève aussi le fait que les communications n’ont pas été « optimales » entre le ministère et le Centre intégré de gestion de la circulation, provoquant ainsi des interventions en double ou des informations pertinentes qui n’ont pas été communiquées.

Le ministre Bonnardel veut veiller à ce que ces communications soient améliorées.

Finalement, le ministre des Transports a aussi annoncé que le budget de la Société de l’assurance-automobile du Québec en matière de prévention sera haussé. Son budget pour faire une campagne de prévention portant sur la conduite l’hiver passera de 200 000 $ à 800 000 $.