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Blanchisseurs de père en fils

Un rare procès pour recyclage d'argent sale par les tenanciers d'un bureau de change s'est achevé abruptement en Cour du Québec, jeudi dernier, quand deux des accusés se sont reconnus coupables. À la suggestion des avocats, la juge Sylvie Durand a condamné Huu Nho Pham, 50 ans, de Montréal, et son fils Ngoc Dien Pham, 31 ans, de Longueuil, à 18 et 24 mois de prison.

À partir d'une bijouterie de la rue Jean-Talon, les deux hommes sont tombés dans le piège de la police de Montréal qui les soupçonnait de blanchir l'argent des narcotrafiquants de trois grandes organisations criminelles de la région de Montréal. Se faisant passer pour des revendeurs de drogue, des agents doubles ont pu échanger près de 2 millions en coupures de 20$, entre le 1er mars et le 17 avril 2007. La dernière de 13 transactions en a été une de 440 000$, a démontré Me Éric Laporte, en poursuite.

 

En contrepartie d'une «commission sur le risque» de 1 ou 2% supérieure à la normale, les Pham ont généralement remis aux agents d'infiltration des billets de 100$, moins encombrants et davantage prisés des gros fournisseurs de cocaïne et de marijuana. Durant toute l'enquête, les policiers ne se sont jamais fait demander d'où provenait l'argent. Ils se sont par contre vu offrir de la marijuana par le fils. C'est la raison de la sentence un peu plus sévère qui lui a été infligée.

Au cours de leur enquête, les policiers ont visité deux autres bureaux de change appartenant à des ressortissants chinois et vietnamiens. Aucun de ces changeurs ne s'est non plus préoccupé de la provenance de l'argent. Et ils n'ont pas, comme le veut la loi, exigé d'identification pour les transactions de plus de 3000$ et encore moins signifié à la CANAFE, organisme fédéral chargé du contrôle des changes mis en place il y a quelques années, les transactions de 10 000$ et plus.

Bien que fort coûteuses, les enquêtes de la police ont le mérite de montrer l'absence de lois contraignantes pour lutter contre l'argent sale issu du trafic de la drogue, du travail au noir ou de toute autre contrebande. Dans les faits, à Montréal, il suffit d'un simple permis de commerçant pour ouvrir un bureau de change.

Le procès de deux autres accusés doit commencer lundi.

 




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